Pescanova échappe à la liquidation et passe sous la coupe de ses banques
Pescanova va sortir la tête de l’eau. Après un an de négociations, le groupe espagnol, numéro un mondial de la pêche industrielle, a enfin obtenu l’accord de ses créanciers. Ces derniers se sont prononcés à un peu plus de 65% en faveur du plan de restructuration financière élaboré sous la houlette de Deloitte, le mandataire de la société de pêche depuis sa mise en redressement judiciaire en mars 2013.
Un accord obtenu de haute lutte. Les deux principaux actionnaires, le brasseur barcelonais Damm de la famille Carceller et la holding Luxempart, ont finalement accepté de se retirer du plan laissant le groupe de Vigo entre les mains de sa centaine de créanciers. Les plus gros d’entre eux, Banco Sabadell, Banco Popular, Caixabank, NCG Banco, BBVA, Bankia et Ubi Banca, vont ainsi prendre le contrôle de Pescanova. Le groupe de pêche était conseillé par Lazard et Freshfields.
Près de 80% des 3,25 milliards d’euros de dette supportés par Pescanova vont être annulés ce qui ramènera sa dette résiduelle à 1 milliard d’euros, niveau à partir duquel le groupe redevient viable selon son président Juan Manuel Urgoiti. Elle sera constituée de 400 millions d’euros de dette senior, d’une tranche junior de 300 millions et de 300 millions d’une nouvelle dette subordonnée à 20 ans. Les banques se sont également engagées à garantir 125 millions d’euros de dette super senior.
Cette restructuration de la dette pourrait ouvrir la voie à l’arrivée de nouveaux actionnaires. Plusieurs fonds, dont KKR, ont étudié ces derniers mois l’idée d’une entrée au capital via une injection de fonds propres. Mais la nature de la structure de dette compliquait l’opération, la dette de la holding étant en partie subordonnée à celle des filiales.
En cas d’échec du plan, la faillite aurait été la troisième plus importante dans l’histoire de l’Espagne, entachée qui plus est de manipulations comptables ayant poussé l’ancienne direction à la démission. La dette nette de 3,25 milliards d’euros révélée au grand jour par l’audit de Deloitte l’an dernier était deux fois plus importante que celle publiée à la fin du troisième trimestre 2012 par le groupe. D’anciens dirigeants de la société sont sous le coup d’enquêtes judiciaires et administratives.
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