Patrick Pelata quitte la direction de Renault mais reste dans le groupe
Coup de théâtre! La démission de Patrick Pélata, numéro deux de Renault, a été acceptée hier soir à l’issue d’un conseil d’administration exceptionnel du constructeur, après avoir été refusée une première fois le 14 mars dernier. Cette réunion ne promettait pourtant pas d’être décisive, les conclusions définitives des rapports d’audit, après la vraie fausse affaire d’espionnage, devant être présentées au conseil du 28 avril. Ce sera toutefois un faux départ, puisque Patrick Pelata «se verra proposer d’autres fonctions au sein du groupe constitué par l’Alliance Renault-Nissan», ses compétences «restent précieuses et constituent un atout pour le groupe», a tenu à souligner Carlos Ghosn, le PDG de Renault.
Les missions conduites par l’audit interne et par BearingPoint «ont mis au jour la chaîne des défaillances et dysfonctionnements de l’entreprise», conduisant à une série de renvois du groupe pour Rémi Pagnie, directeur de la sécurité, et ses collaborateurs Dominique Gevrey et Marc Tixador; et à des relèvements de fonctions «dans l’attente des discussions quant à leur avenir» de Jean-Yves Coudriou, directeur des cadres dirigeants; Christian Husson, directeur juridique; et aussi Laurence Dors, secrétaire générale.
En revanche, Renault est parvenu à «un accord de principe» avec les trois cadres injustement licenciés, tandis que Philippe Clogenson, licencié en 2009, sera réintégré dès le mois de mai. Par ailleurs, Mouna Sepehri, directrice déléguée à la présidence de l’alliance Renault-Nissan, devient directeur délégué à la présidence de Renault et supervisera les fonctions rattachées actuellement au secrétariat général et à la direction juridique. Elle entre au comité exécutif de Renault, comme la DRH, Marie-Françoise Damesin.
Le constructeur nommera prochainement un directeur de l’éthique, qui aura pour mission de «réformer la gestion des risques en profondeur». Le comité d’audit se transformera en comité de l’audit des risques et de l’éthique. Enfin, Renault crée une direction de l’audit et de la maîtrise des risques. Renault lance également une mission, en collaboration avec l’Etat, chargée du projet de refonte des outils nécessaires à la protection du patrimoine de l’entreprise.
Le ministère de l’Economie prend acte de ces mesures et prévoit de faire avec Carlos Ghosn «dans les prochains mois le point sur la stratégie industrielle de nature à renforcer l’alliance Renault Nissan».
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