Paris pousse GE et Siemens à améliorer encore leur projet pour Alstom

Les contours du montage élaboré par Siemens et ses alliés Mitsubishi et Hitachi restent flous face à l’offre de GE. L’Elysée en veut plus
Olivier Pinaud

Siemens se démène pour tenter de présenter avant le 16 juin une offre en bonne et due forme sur Alstom. En plus de Mitsubishi Heavy Industry (MHI), le groupe allemand a trouvé un second appui auprès de Hitachi. Le conglomérat japonais a reconnu hier envisager de participer à l’offre conjointe de Siemens et de son compatriote MHI.

Les contours de ce projet germano-nippon sont encore flous. Siemens reprendrait seul les activités de turbines à gaz d’Alstom et leurs lucratifs services associés. Les deux groupes japonais s’empareraient quant à eux des turbines à vapeur, qui équipent notamment les centrales nucléaires. Au milieu, l’avenir des activités de réseau et de transmission, qui ne pourraient être intégrées par Siemens pour des questions de concurrence, reste incertain.

Le montage aurait l’avantage pour Siemens de limiter la taille de l’opération alors qu’il vient de lancer un vaste plan de restructuration interne visant à réduire ses coûts de 1 milliard d’euros. Selon les indiscrétions, le groupe allemand pourrait proposer 3,6 milliards d’euros pour les turbines à gaz. MHI et Hitachi mobiliseraient la même somme environ pour le reste des activités énergie d’Alstom. En cumulé, l’offre approcherait ainsi 7,5 milliards d’euros, moins que les 12,35 milliards promis par General Electric pour la totalité de la branche énergie.

Si elle devait être confirmée, cette offre a donc peu de chance de convaincre le conseil d’administration d’Alstom, qui s’est déjà prononcé fin avril en faveur de la proposition de l’américain. Des proches du groupe français ont alerté sur le «dépeçage» que représenterait le projet Siemens-MHI-Hitachi pour l’activité énergie du groupe. Les candidats à la reprise mettent eux en avant leur volonté de nouer des partenariats avec Alstom afin de répondre aux inquiétudes du gouvernement.

Hier, après une réunion à l’Elysée entre François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, la présidence française a rappelé que l’Etat n’avait pour l’heure aucune préférence pour telle ou telle proposition et souhaité que celles-ci s’améliorent encore. Une nouvelle réunion autour du président de la République est prévue la semaine prochaine. D’ici là, GE et Siemens vont multiplier leur lobbying.

Le conseil d’administration d’Alstom a prévu de prendre une décision finale le 23 juin.

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