OpenAI accélère pour monétiser ChatGPT
Un an après avoir lancé ChatGPT en version grand public, fer de lance pour certains d’une nouvelle révolution technologique autour de l’intelligence artificielle (IA), OpenAI veut imposer son produit-phare au sein des entreprises. Un peu à la manière de la suite logicielle Office.
A ce jour, la start-up éditrice du service star de l’IA compte environ 260 entreprises clientes qui paient pour la version pour entreprises de ChatGPT, aux Etats-Unis, à peine quatre mois après son lancement. La preuve que les efforts d’OpenAI pour tirer de l’argent de son produit portent déjà leurs fruits. Ces grands comptes totalisent plus de 150.000 salariés enregistrés pour utiliser le produit, rapporte l’agence Bloomberg. Jusqu’à présent, OpenAI n’avait jamais divulgué de chiffres sur le nombre d’entreprises clientes.
Car tout juste un an après le lancement de ChatGPT, fort du soutien et des 13 milliards de dollars apportés par le géant du logiciel Microsoft, OpenAI mène la course en tête dans le jeune secteur de l’intelligence artificielle (IA) générative, avec ses promesses de générer à la demande des contenus, textes, images et code informatique.
ChatGPT Enterprise
Dans ce cadre, la jeune firme de San Francisco a planché pour monétiser son innovation. En clair, obtenir des entreprises qu’elles adoptent – et paient – pour utiliser son chatbot IA. Dans ce cadre, OpenAI a lancé ChatGPT Enterprise en août 2023, promettant des fonctionnalités supplémentaires et des garanties de confidentialité des informations des clients, y compris le cryptage de leurs données. OpenAI a annoncé que le prix de ChatGPT pouvait varier en fonction des besoins d’une entreprise.
Le développement du modèle payant est bien une priorité pour OpenAI. Pour preuve, il a lancé, mercredi 11 novembre, une nouvelle offre intermédiaire ciblant les petites entreprises, baptisée «Team», proposée à partir de 25 dollars par mois et par utilisateur.
Boutique d’applications
La monétisation de ChatGPT passe aussi par une meilleure distribution. Pour cela, OpenAI a lancé, le 11 janvier, son «GPT store», sorte de boutique en ligne dans laquelle ses utilisateurs payants peuvent télécharger des versions customisées de son chatbot, créées par des développeurs.
A la manière des appstores (boutiques d’applications sur smartphones), les ChatGPT y seront classés par catégories (éducation, loisirs, recherche, etc.). De nouveaux modèles y seront mis en avant chaque semaine, assure OpenAI. Dans le courant de l’année, là aussi comme dans les appstores, les développeurs seront rémunérés en fonction du succès et de l’utilisation de leurs ChatGPT.
Pour cibler les particuliers, OpenAI avait déjà lancé en mars 2023 ChatGPT Plus, un produit payant pour les particuliers, pour 20 dollars par mois, qui offre aussi un accès au dernier modèle d’IA de l’entreprise.
Cette monétisation de ChatGPT a d’ailleurs été au cœur de la crise aiguë qu’a connue OpenAI fin novembre dernier, avec le départ – puis le retour – de son fondateur Sam Altman, sur fond de divergences entre les tenants d’une diffusion commerciale accélérée et ceux préférant un développement plus encadré par des garde-fous éthiques.
Maintenant, ce développement s’effectuera sous l’œil de Bruxelles. La Commission européenne a indiqué mardi 9 janvier, qu’elle pourrait se pencher sur les investissements de Microsoft dans OpenAI, «au titre du règlement communautaire sur les concentrations», dans le sillage de l’autorité britannique de la concurrence, la CMA.
A lire aussi: Comment l’intelligence artificielle irrigue secteurs et entreprises
Plus d'articles du même thème
-
Après Mythos, OpenAI riposte en dévoilant un modèle d’IA dédié à la cybersécurité
La multiplication des nouveaux modèles d'intelligence artificielle développés par Anthropic et maintenant par OpenAI inquiète. Les autorités bancaires du monde entier prennent au sérieux le problème de cybersécurité qu'ils posent. Encore faut-il que les entreprises européennes aient accès à ces outils. -
Les banques adaptent leur stratégie de marque à l'IA générative
Les IA génératives sont de plus en plus consultées par les Français pour choisir leur banque ou comparer certaines offres. Les groupes bancaires voient donc leur stratégie de notoriété chamboulée. Mais au-delà de l’aspect réputationnel pur, la perception qu’a l’IA d’une marque peut apporter des enseignements stratégiques précieux. -
L’intelligence artificielle, moteur ou mirage d’une nouvelle prospérité ?
Lors des précédentes révolutions industrielles, les ruptures technologiques et le progrès technique ont été des moteurs de prospérité, en stimulant la croissance économique grâce à d’importants gains de productivité. La tribune d'Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques du Crédit Agricole.
ETF à la Une
UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
À Saint-Étienne, le maire souhaite un jumelage avec une collectivité palestinienne.
Nouvellement élu, le socialiste Régis Juanico a annoncé un jumelage avec une collectivité palestinienne en remplacement de celui avec la commune israélienne de Nof HaGalil. Une décision dénoncée par le Crif local. -
Emmanuel Macron et Donald Tusk vont sceller un rapprochement stratégique franco-polonais
Dans une volonté stratégique de souveraineté européenne, Emmanuel Macron se rend en Pologne ce lundi 20 avril pour acter un rapprochement avec son allié polonais, Donald Tusk. -
Viril mais correct« Un pot de gélatine » : Bernard Cazeneuve flingue Olivier Faure et sort de sa réserve pour la présidentielle de 2027
Le Normand a la réputation d’être « violemment modéré ». Ce samedi, il a surtout montré qu’il savait cogner, en ciblant le premier secrétaire du PS sous les rires et les applaudissements de ses soutiens, réunis à l’Assemblée nationale