Nvidia ne ravive pas la flamme des investisseurs pour l’IA
Le baromètre de l’IA est-il cassé ? Malgré d’excellents résultats trimestriels, Nvidia ne parvient en tout cas pas à emballer les investisseurs.
Le géant de l’intelligence artificielle (IA) a pourtant dégagé des résultats records et a dépassé les attentes au quatrième trimestre 2025, semblant confirmer le dynamisme des investissements dans l’infrastructure informatique de l’intelligence artificielle, qui repose en grande partie sur ses processeurs graphiques.
Le fabricant américain de microprocesseurs a fait état mercredi soir d’un quasi doublement de son résultat net par rapport à la fin 2024, à 43 milliards de dollars. Les analystes sondés par FactSet anticipaient en moyenne un résultat net trimestriel de 35,8 milliards de dollars. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice ajusté par action atteint 1,62 dollar, contre un consensus de 1,54 dollar.
Le chiffre d’affaires a bondi de 73% sur la période, à 68,13 milliards de dollars, surpassant également le consensus, qui était de 66,1 milliards de dollars. La seule division centrée sur les puces employées dans les serveurs des data centers affiche des revenus en hausse de 75% sur un an, à 62,3 milliards de dollars.
«La demande de calcul informatique connaît une croissance exponentielle», a commenté le directeur général Jensen Huang. «Le point d’inflexion de l’IA agentique est arrivé», a-t-il ajouté pour décrire l'émergence de services IA plus autonomes, capables de planifier et d’exécuter des tâches avec un minimum d’interactions avec les utilisateurs.
Pour le trimestre en cours, Nvidia vise en outre un chiffre d’affaires de 78 milliards de dollars en milieu de fourchette, soit nettement plus que le consensus FactSet de 72,9 milliards de dollars.
Les doutes subsistent
En dépit de ces chiffres impressionnants et nettement supérieurs aux anticipations des analystes, le cours de l’action abandonnait plus de 4% jeudi après-midi à Wall Street. Ils ne sont visiblement pas suffisants pour rassurer les investisseurs sur les perspectives de l’IA alors que le marché s’est montré particulièrement nerveux sur le sujet ces dernières semaines et que la crainte d’une bulle dans le secteur n’a pas disparu.
«Le débat porte moins sur les excellents résultats à court terme que sur la viabilité des dépenses d’investissement dans l’IA, compte tenu des inquiétudes concernant son ampleur, sa monétisation et la dégradation des flux de trésorerie», note Richard Clode, gérant chez Janus Henderson, dans une note.
Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank, y voit «le signe d’une anxiété accrue des investisseurs face aux valorisations de l’IA» et constate que le marché a semblé s’inquiéter du «peu de précisions sur les perspectives de revenus» apportées par les dirigeants de Nvidia lors d’un appel avec les analystes mercredi soir.
«Des questions subsisteront quant à la capacité de la vague actuelle de dépenses dans l’IA à soutenir la croissance au-delà des prochaines années, et sur le maintien de la domination de Nvidia alors que l’intelligence artificielle passe de la phase d’entraînement des modèles à celle de l’exécution de tâches quotidiennes», ajoutent les analystes de Hargreaves Lansdown dans une note citée par Bloomberg.
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Signes de concurrence
Au-delà des interrogations sur le futur de l’IA, certains commencent en effet à s’inquiéter de la capacité du géant du secteur à maintenir son avance technologique. Les spécialistes de Vital Knowledge remarquent ainsi que la branche Compute (calcul) de Nvidia a enregistré une performance légèrement inférieure aux prévisions ce qui pourrait être le signe que le groupe perd des parts de marché à un rythme un peu plus rapide au profit d’AMD et des TPU de Google, rapporte Bloomberg.
Les analystes de Bank of America estiment pour leur part que la réaction boursière mitigée de Nvidia «est probablement due aux inquiétudes persistantes du marché concernant la disruption (ou la lassitude) liée à l’IA, à une contribution à la hausse plus importante du segment réseau par rapport au segment compute au cours du trimestre publié, et à l’absence de nouvelle mise à jour concernant les prévisions de ventes de centres de données, estimées à plus de 500 milliards de dollars pour les années civiles 2025/2026». Ils n’en ont pas moins relevé leur objectif de cours sur la valeur de 275 à 300 dollars, jugeant le scepticisme des investisseurs comme «du bruit de court terme».
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