Nokia ne parvient pas à enrayer l’érosion de sa trésorerie

Le groupe, dont la trésorerie a chuté à 3,6 milliards, a essuyé sa sixième perte trimestrielle consécutive. Le dernier trimestre s’annonce encore difficile
Olivier Pinaud

Une perte nette trimestrielle de 969 millions d’euros, la sixième consécutive depuis l’adoption du système Windows Mobile de Microsoft à la place de son logiciel maison. Menée par Stephen Elop, la révolution technologique de Nokia peine à se traduire dans les comptes.

L’ancien numéro un mondial des téléphones mobiles ne parvient toujours pas à suivre le rythme imposé par Apple et Samsung dans les «smartphones». Le groupe finlandais a vendu 6,84 millions de «smartphones» au troisième trimestre 2012, 8 fois moins que le coréen Samsung.

Même les ventes de la gamme Lumia, censée relancer la dynamique commerciale, ont baissé de 27% au troisième trimestre. Le prix moyen de vente des téléphones mobiles, tous modèles confondus, a chuté de 14% à 160 euros, signe de la difficulté du groupe à monter en gamme.

«L’horloge tourne et nous avons absolument besoin de succès», s’inquiète un gérant de Danske Capital, alors que Nokia doit lancer en novembre les nouvelles versions de sa gamme Lumia sur la plate-forme 8 de Windows Phone. Mis sous pression par le marché, Stephen Elop, le directeur général de Nokia, n’a pas caché que, malgré la sortie des nouveaux appareils, le dernier trimestre 2012 s’annonçait encore difficile, compte tenu de la sortie concomitante des nouveaux produits de la concurrence, notamment de la part d’Apple. Les premiers signes positifs sont espérés au printemps, une fois que la nouvelle gamme sera montée en puissance.

Les prochains mois s’annoncent donc cruciaux pour Nokia. Car pendant ce temps, la position de trésorerie nette du groupe finlandais, qui a déjà fondu de moitié en cinq ans, ne cesse de se dégrader. Elle est tombée à 3,6 milliards d’euros à fin septembre, contre 4,2 milliards d’euros trois mois plus tôt. Selon S&P, le matelas devrait passer sous les 3 milliards d’ici à la fin de l’année.

Les analystes de Jefferies craignent que la sortie des nouveaux modèles ne suffise pas à enrayer la tendance l’an prochain ce qui pourrait nécessiter la mise en place de nouvelles mesures d’économies (Nokia a déjà supprimé 20.000 emplois) voire une nouvelle refonte encore plus radicale de la stratégie, jusqu’à une scission du groupe. Une crainte qui explique le niveau de valorisation du finlandais. A environ 5 milliards d’euros, la valeur d’entreprise de Nokia représente 0,1 fois son chiffre d’affaires.

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