Nissan veut gagner 3 points de marge d’exploitation à l’horizon 2017
Le plan stratégique à 6 ans que vient de dévoiler Nissan ne s’intitule pas «Power 88» par hasard. Le chiffre de 8% représente en effet la part de marché mondiale que le constructeur nippon entend atteindre d’ici mars 2017 et le niveau de marge d’exploitation visé à cet horizon. Sur l’exercice clos le 31 mars dernier, la part de marché de Nissan était de 5,8% pour une marge d’exploitation de 6,1%, mais la filiale à 44% de Renault a récemment indiqué que cette marge chuterait à 4,9% cette année à la suite des ruptures de production causées par le séisme qui a frappé l’archipel nippon.
D’application immédiate, ce plan est qualifié d’«ambitieux», par Carlos Ghosn, directeur général de Nissan. Il passera par «la mise sur le marché d’un nouveau véhicule toutes les six semaines en moyenne pour atteindre un parc de 66 modèles de voitures différents couvrant ainsi 92% du marché», relèvent les analystes de CM-CIC Securities, en ajoutant que Nissan souhaite «se rapprocher le plus possible de Toyota», premier constructeur mondial.
Concernant ses projets dans les voitures «propres», le constructeur nippon prévoit d’introduire sept nouveaux modèles de véhicules électriques en plus de la Leaf déjà commercialisée, tout en poursuivant le développement avec Daimler d’un modèle équipé de piles à combustible. L’alliance Renault-Nissan vise au total «1,5 million de véhicules électriques vendus d’ici à la fin de l’exercice 2016».
Le développement de son réseau commercial conduira Nissan à porter le nombre de ses points de vente de 6.000 à 7.500 (+25%), avec un accent mis sur les véhicules de haut de gamme et sur les pays émergents qui voient croître leur demande solvable pour ce type de véhicules. Afin de capter à l’échéance du plan 10% du segment mondial des véhicules de luxe, il entend commercialiser «au moins dix nouveaux modèles sous la marque Infiniti dans plus de 70 pays».
En Chine où il produira 1,2 million de véhicules dès l’an prochain, sa part de marché devrait atteindre 10% dans 6 ans (6,2% actuellement), tandis qu’au Brésil il construira «une nouvelle usine d’une capacité initiale de 200.000 véhicules». «L’expansion chinoise de Nissan devrait perdurer malgré le ralentissement graduel de la croissance de ce marché», juge Takeshi Miyao, analyste chez Carnorama. L’annonce du plan a profité à Renault. Son action a terminé hier en hausse de 1% à 39,5 euros à Paris.
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