Nexity se construit une place forte sur le marché de l’Euro PP

Le promoteur réalise son second placement privé en 14 mois. Son encours de 371 millions d’euros est le troisième plus important sur ce marché
Olivier Pinaud

Nexity s’impose comme l’un des principaux animateurs du marché de l’Euro PP, les placements privés de dette. Après une émission inaugurale de 200 millions d’euros en janvier 2013, le promoteur immobilier vient de placer 171 millions d’euros supplémentaires, au-delà des 150 millions initialement visés. Cet encours de 371 millions d’euros fait du groupe le troisième plus gros émetteur sur ce marché, après Lactalis et Artémis.

Pour cette deuxième émission, qui vise notamment à refinancer les deux acquisitions réalisées depuis décembre 2013 (Oralia et Perl), Nexity s’est posé la question d’aller sur le marché public avant finalement d’opter pour un second placement privé. «D’une part, nous ne voulions pas ‘surémettre’ simplement pour accéder au marché public. D’autre part, nous ne sommes pas dans une logique de demander une notation», explique Julien Carmona, directeur général adjoint en charge des finances de Nexity.

Revenir sur le marché privé présentait également un autre avantage: utiliser la même documentation que celle de janvier 2013. Alignée sur les contrats bancaires, elle ne comprend pas de clause de changement de contrôle. Quant à la division en deux tranches de maturités différentes (6 et 7 ans), elle visait à «apporter plus de souplesse aux investisseurs, en fonction de leurs objectifs», une flexibilité qui constitue «l’un des avantages de l’Euro PP», ajoute Frédéric Catelon, managing director chez SG CIB, l’une des trois banques à avoir dirigé le placement, avec HSBC et Natixis.

Entre l’émission de janvier 2013 et celle-ci, Nexity a gagné 50 points de base en rendement pour les maturités comparables, dont 3 pb de composante de taux et 47 pb de spread. «Cela démontre que les investisseurs en Euro PP prennent en compte l’évolution du marché de la dette», indique Charles-Antoine de Fontenay, directeur debt capital markets chez HSBC France. Selon lui, l’arrivée de nouveaux investisseurs par rapport à l’émission de 2013 «montre aussi que le marché de l’Euro PP gagne à la fois en liquidité et en granularité».

Après cette seconde émission, environ 60% de la dette de Nexity est désintermédiée. «Un niveau satisfaisant», indique Julien Carmona. A l’avenir, s’il devait devenir un émetteur régulier, le groupe réfléchirait probablement à d’autres sources de financements, comme du bancaire long terme ou des loans.

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