Nexans résiste partiellement à la fronde d’Amber Capital
Victoire à la Pyrrhus pour Frédéric Vincent, le PDG de Nexans. Confronté à la fronde du fonds Amber Capital depuis l’automne dernier, le spécialiste du câble a dû donner des gages pour sauver sa place. Alors que le groupe a constamment soutenu ces derniers mois qu’il en allait «de l’intérêt de Nexans et de ses parties prenantes que Frédéric Vincent poursuive l’exécution avec détermination, en tant que PDG, du plan stratégique 2013-2015», le conseil a décidé hier matin, quelques heures avant l’assemblée générale, de dissocier les fonctions de président et de directeur général, afin de permettre au groupe «de se concentrer plus encore sur ses priorités stratégiques».
Questionné en AG par Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) sur les raisons de ce revirement soudain, Frédéric Vincent n’a apporté aucun nouvel élément. Sans doute, cette séparation des pouvoirs, très largement demandée par les proxys au nom d’une bonne gouvernance, a permis de calmer le jeu.
Ainsi, la résolution présentée par Amber Capital, demandant de mettre fin au mandat d’administrateur de Frédéric Vincent, n’est pas passée, malgré le plaidoyer pro domo en AG de Joseph Oughourlian, le patron d’Amber. Pourtant, 35,17% des actionnaires se sont prononcés pour un départ immédiat de leur président. Remerciant les actionnaires qui l’ont soutenu, Frédéric Vincent a demandé expressément à Amber Capital «de mettre fin à la campagne contre lui».
Frédéric Vincent restera PDG jusqu’en septembre avant qu’Arnaud Poupart-Lafarge prenne la direction générale. Alors qu’une polémique était en train de naître sur la retraite chapeau du PDG, ce dernier, qui aura 60 ans en novembre prochain, a précisé que même démis de ses fonctions, il pouvait faire valoir ses droits à la retraite supplémentaire dans la mesure où il n’exercerait pas d’activité rémunérée jusqu’à l’âge de la retraite. Dans le cadre du «say on pay», sa rémunération n’a été approuvée qu'à 78,97%.
Par ailleurs, le premier actionnaire de Nexans, le chilien Invexans (Madeco) avec 28% du capital, a demandé de résilier son accord de 2011 avec le groupe français. Nexans prendra une décision dans les huit jours. Dans un communiqué, Invexans a précisé qu’il n’avait pas l’intention de prendre le contrôle de Nexans, ni de vendre partie ou totalité de sa participation.
Plus d'articles du même thème
-
Tuttle Capital lance un ETF multi-actifs
Le gestionnaire américain spécialisé dans les stratégies indicielles non conventionnelles s'associe à Porter & Company pour commercialiser une approche "multi-régimes" des cycles économiques. -
DWS liquide un fonds d’obligations d’entreprises liées aux ODD
La société de gestion allemande DWS, filiale de Deutsche Bank, a entamé la liquidation de son fonds DWS Invest SDG Corporate Bonds, qui doit prendre fin le 19 juin, selon une lettre aux porteurs de parts consultée par L’Agefi. -
Lior Global Partners nomme un managing director
La société de gestion d’actifs et de fortune Lior Global Partners, établie à Monaco, a recruté Ricardo Kaufmann en qualité de managing director.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Affaire Lyhanna : des milliers de manifestants en colère fustigent le dysfonctionnement des institutions
Des rassemblements ont eu lieu dans des dizaines de villes de France, lundi 8 juin au soir, dont Paris, Marseille, Lyon, La Rochelle, ou encore Saint-Brieuc. Les manifestants dénoncent le dysfonctionnement des institutions concernant les plaintes des enfants victimes de violences -
Risk bancaireEn Italie, deux offres rivales pour MPS et une vraie cible : Generali
Deux offres rivales s’affrontent autour de MPS. Le gouvernement Meloni, actionnaire résiduel et spectateur intéressé, observe la partie de très près -
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes