Nexans résiste partiellement à la fronde d’Amber Capital
Le groupe a dissocié les fonctions de président et de directeur général quelques heures avant que 35% des actionnaires réclament le départ immédiat du PDG
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Bruno de Roulhac
Victoire à la Pyrrhus pour Frédéric Vincent, le PDG de Nexans. Confronté à la fronde du fonds Amber Capital depuis l’automne dernier, le spécialiste du câble a dû donner des gages pour sauver sa place. Alors que le groupe a constamment soutenu ces derniers mois qu’il en allait «de l’intérêt de Nexans et de ses parties prenantes que Frédéric Vincent poursuive l’exécution avec détermination, en tant que PDG, du plan stratégique 2013-2015», le conseil a décidé hier matin, quelques heures avant l’assemblée générale, de dissocier les fonctions de président et de directeur général, afin de permettre au groupe «de se concentrer plus encore sur ses priorités stratégiques».
Questionné en AG par Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) sur les raisons de ce revirement soudain, Frédéric Vincent n’a apporté aucun nouvel élément. Sans doute, cette séparation des pouvoirs, très largement demandée par les proxys au nom d’une bonne gouvernance, a permis de calmer le jeu.
Ainsi, la résolution présentée par Amber Capital, demandant de mettre fin au mandat d’administrateur de Frédéric Vincent, n’est pas passée, malgré le plaidoyer pro domo en AG de Joseph Oughourlian, le patron d’Amber. Pourtant, 35,17% des actionnaires se sont prononcés pour un départ immédiat de leur président. Remerciant les actionnaires qui l’ont soutenu, Frédéric Vincent a demandé expressément à Amber Capital «de mettre fin à la campagne contre lui».
Frédéric Vincent restera PDG jusqu’en septembre avant qu’Arnaud Poupart-Lafarge prenne la direction générale. Alors qu’une polémique était en train de naître sur la retraite chapeau du PDG, ce dernier, qui aura 60 ans en novembre prochain, a précisé que même démis de ses fonctions, il pouvait faire valoir ses droits à la retraite supplémentaire dans la mesure où il n’exercerait pas d’activité rémunérée jusqu’à l’âge de la retraite. Dans le cadre du «say on pay», sa rémunération n’a été approuvée qu'à 78,97%.
Par ailleurs, le premier actionnaire de Nexans, le chilien Invexans (Madeco) avec 28% du capital, a demandé de résilier son accord de 2011 avec le groupe français. Nexans prendra une décision dans les huit jours. Dans un communiqué, Invexans a précisé qu’il n’avait pas l’intention de prendre le contrôle de Nexans, ni de vendre partie ou totalité de sa participation.
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