Nexans prend le marché à revers avec ses nouvelles prévisions

Le chiffre d’affaires stagnera en 2012, contre une légère croissance prévue auparavant. L’amélioration de la marge sera moins forte qu’espéré
Yves-Marc Le Reour

Malgré un niveau d’activité supérieur de 5% aux attentes du consensus à fin septembre, les perspectives à court terme semblent plus incertaines pour Nexans. A cours des métaux non ferreux constant, le spécialiste du câblage affiche en effet au titre du trimestre écoulé une hausse organique de 2,3% de son chiffre d’affaires à 1,25 milliard d’euros. Sur les 9 premiers mois de l’année, cette croissance atteint donc 0,9% contre +0,2% au premier semestre.

Si la division «transmission, distribution et opérateurs» a bénéficié d’une meilleure facturation dans les câbles sous-marins, l’installation de câbles souterrains en Libye ne devrait pas reprendre «avant la fin de l’année 2012». La mauvaise orientation de la demande dans le bâtiment en Europe a largement contribué à une croissance trimestrielle organique de seulement 0,1% de la division «distributeurs et installateurs», après une progression de 4,9% à fin juin. Globalement sur le trimestre, «hors activité transmission, la croissance organique est nulle contre +3,4% au premier semestre, d’où un ralentissement significatif», relèvent les analystes d’Oddo MidCap.

Nexans, qui a gelé ses recrutements en Europe, anticipe désormais «une stabilité de son chiffre d’affaires annuel» contre une «légère croissance» auparavant. L’amélioration de la marge opérationnelle au second semestre sera «moins sensible» que prévu. «La principale raison de cette inflexion provient du non-redémarrage des projets libyens en haute tension terrestre», commentent les analystes de Gilbert Dupont, en ajoutant que la structure des ventes est «un peu moins favorable pour les marges». Par rapport aux 3,6% du premier semestre, ils tablent maintenant sur une marge en hausse séquentielle de 120 points de base (pb), alors que le consensus misait sur une progression d’environ 200 pb.

L’endettement net a atteint 824 millions à fin septembre, en augmentation de 21,5% d’un trimestre sur l’autre. Cela s’explique essentiellement par l’acquisition au début du mois dernier d’une participation de 75% dans l’entreprise chinoise Shandong Yanggu (câbles d’énergie), qui a gonflé de 130 millions sa dette nette.

Le groupe continue néanmoins de prévoir un endettement net «aux alentours de 700 millions d’euros à fin décembre 2012», proche de celui du premier semestre. L’action a terminé la séance en repli de 6,6% à 2,4 euros, ce qui valorise le groupe moins d’un milliard d’euros.

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