Nexans devrait proposer la dissociation des pouvoirs juste avant son assemblée générale

Le changement enverrait un signal à quelques heures de l’AG, alors que le PDG Frédéric Vincent risque d'être démis de son mandat d’administrateur
Bruno de Roulhac

A quelques heures de son assemblée générale, en début d’après-midi, Nexans peine à trouver la bonne stratégie à adopter pour calmer la grogne de ses actionnaires. Le conseil devait se réunir ce matin même avant l’ouverture des marchés pour décider de la dissociation ou non des fonctions à la tête du groupe, confie à L’Agefi une source proche du dossier. Le PDG, Frédéric Vincent, se contenterait de la présidence, tandis que le directeur des opérations, Arnaud Poupart-Lafarge, prendrait la direction générale. Un conseil de quatre heures s’était réuni mardi sans parvenir à trancher la question.

Pourquoi un tel revirement, alors que le conseil de Nexans du 22 avril avait considéré qu’il y en allait «de l’intérêt de Nexans et de ses parties prenantes que Frédéric Vincent poursuive l’exécution avec détermination, en tant que PDG, du plan stratégique 2013-2015»? La résolution présentée par Amber Capital demandant «de mettre fin par anticipation au mandat d’administrateur de Frédéric Vincent à compter de la clôture de la présente assemblée», serait soutenue par de nombreux actionnaires. Elle ne nécessite que 50% des voix. En changeant le mode de gouvernance, le conseil enverrait un signe aux actionnaires tentés de suivre Amber.

Au sein du conseil, certains administrateurs militeraient pour un maintien de Frédéric Vincent jusqu’à ses 60 ans, au mois de novembre, afin qu’il puisse toucher sa retraite. Cette rente est limitée à 30% de sa rémunération fixe et variable, mais pèse déjà plus de 13 millions d’euros (charges comprises) dans les comptes de Nexans.

Toutefois, Si Frédéric Vincent est démis dès aujourd’hui, il pourra exiger des indemnités de départ, soumises à des conditions de performance, limitées à deux années de rémunérations fixe et variable. Frédéric Vincent a touché 800.000 euros de fixe au titre de 2013 ayant renoncé à son bonus de 450.000 euros, et 1,7 million de fixe et variable au titre de 2012.

Bpifrance, avec 7,8% du capital, aurait choisi, selon Le Monde, de soutenir Frédéric Vincent, mais le premier actionnaire de Nexans, le chilien Quinenco, avec près de 27% du capital serait en train de lâcher le groupe. Il aurait annoncé au conseil son intention de rompre le pacte le liant à Nexans, dans un contexte où les rumeurs de rachat de Nexans par son concurrent italien Prysmian se font plus pressantes, malgré le récent démenti du groupe français.

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