Netflix surprend Wall Street par ses gains d’abonnés
Il était attendu au tournant sur cet indicateur. Netflix, le spécialiste du streaming vidéo, a rassuré les investisseurs : il a gagné 8,76 millions d’abonnés payants dans le monde au dernier trimestre 2019, soit bien plus que les 7,6 millions pronostiqués par les analystes, selon les données IBES Refinitiv. Il atteint ainsi 167 millions d’abonnés payants fin 2019.
Il est vrai qu’il a été nourri par des productions originales attendues, comme la saison 4 de la série The Crown, et sélectionnées aux Oscars pour certaines, comme le film The Irishman du réalisateur Martin Scorsese.
Pour ce trimestre, son revenu net a bondi à 587 millions de dollars (529 millions d’euros), soit 1,30 dollar par action, contre 134 millions (30 cents par action) un an avant, tout comme son chiffre d’affaires, à 5,5 milliards de dollars, contre 4,2 milliards au dernier trimestre 2018. Il totalise 20,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour l’année 2019.
Autre indicateur clé sur sa rentabilité, guetté par les investisseurs, le revenu net par utilisateur (Arpu) : il va de 13,22 dollars par mois fin 2019 aux Etats-Unis et au Canada (11,28 dollars fin 2018) à 8,18 dollars par mois en Amérique latine (7,53 dollars fin 2018).
Si elle a bouleversé la manière dont les gens regardent la «télévision», la firme de Los Gatos va devoir de plus en plus partager le gâteau. «Beaucoup de groupes de médias et de géants technologiques lancent des services de streaming», a reconnu Netflix dans sa lettre aux actionnaires. C’est peut-être pour cela qu’il n’a gagné que 423.000 abonnés sur son marché national au quatrième trimestre, contre 600.000 attendus. «Nous allons continuer de nous concentrer sur le même objectif depuis 22 ans : faire plaisir à nos membres», assure Netflix.
Outre Apple+, le géant de l’entertainment Disney a lancé son propre service de streaming vidéo, Disney+, aux Etats-Unis et au Canada, le 12 novembre dernier. Et il a opportunément révélé, mardi matin, qu’il avançait d’une semaine son lancement en Europe, au 21 mars. Outre-Atlantique, NBCUniversal a annoncé son service Peacock pour mi-avril, et WarnerMedia va dégainer HBO Max en mai.
Certes, Netflix a anticipé côté contenus : il a annoncé, ces derniers jours, investir au moins 100 millions de dollars dans des contenus produits en France, et vient de mettre la main sur les dessins animés (hors Japon et Amérique du Nord) du mythique studio japonais Ghibli. Mais tout ceci a un coût : il a dépensé 15 milliards de dollars en contenus originaux l’an dernier, et cumulait une dette de 12,43 milliards de dollars au 30 septembre dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Publicis confirme ses objectifs après un trimestre meilleur que prévu
Confortés par le gain d'importants contrats, les dirigeants du géant de la publicité estiment en outre que leur groupe est en position de surperformer de nouveau son marché en 2027. -
Paramount boucle sa méga-fusion avec Warner Bros
La fusion, officialisée mardi 6 octobre, donne naissance au géant hollywoodien Skydance. Celui-ci ploie sous une dette d'environ 80 milliards de dollars, et vise un objectif d'économies de 6 milliards de dollars. -
Informa renforce sa présence dans le secteur événementiel
Le groupe anglo-suisse, qui s’apprête à acquérir Clarion auprès de Blackstone pour 2,24 milliards de livres, scindera sa filiale Taylor & Francis spécialisée dans l’édition scientifique.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- ASML manifeste les premiers symptômes des limites physiques de l'IA
Contenu de nos partenaires
-
A la vie, à la mortA l'approche des élections, Trump et Netanyahu se serrent les coudes
Le président américain a fini par afficher un soutien très clair au Premier ministre israélien, malgré les divergences des derniers mois -
Flair en défautViolences du 17 octobre : les leçons à tirer pour le renseignement policier
Les grilles d’analyse du renseignement territorial sont obsolètes, jugent plusieurs spécialistes -
RébellionLe fossé se creuse encore entre l'Etat et les départements
L'Etat veut faire participer les départements à l'effort de maîtrise des dépenses publiques. Les élus l'accusent de leur faire les poches, alors qu'ils ne décident pas du poids de leurs dépenses sociales. Le fossé n'a jamais été aussi béant