Nestlé affiche sa confiance retrouvée en relançant ses rachats d’actions
Nestlé est de retour. Sur la défensive ces derniers trimestres en raison d’un ralentissement de sa croissance, le numéro un mondial de l’alimentation a annoncé hier la relance de ses rachats d’actions. Le groupe suisse prévoit de mobiliser 8 millliards de francs suisses (6,6 milliards d’euros environ) d’ici à la fin 2015, soit quasiment l'équivalent de la somme perçue grâce à la vente des 8% au capital de L’Oréal. Nestlé n’avait plus lancé de plan de rachats d’actions depuis trois ans.
Avec ce plan, la direction de Nestlé compte affirmer sa confiance, alors que ses principaux concurrents européens, Danone et Unilever, continuent de souffrir. Au premier semestre, la croissance de son chiffre d’affaires, ajustée des effets de change et des acquisitions, s’est révélée supérieure aux attentes avec un ryhtme de 4,7% contre 4,1% un an auparavant, 4,2% au premier trimestre et un consensus de 4,5%. Le 24 juillet, Unilever avait fait état d’un chiffre d’affaires inférieur au consensus au deuxième trimestre, évoquant un ralentissement des marchés émergents et un malaise persistant dans les économies développées. Et Danone, l’autre grand concurrent européen de Nestlé, avait annoncé quatre jours plus tard un premier semestre pénalisé par les produits laitiers en Europe et la nutrition infantile en Asie, tout en confirmant cependant ses objectifs annuels.
La croissance des ventes dans les pays émergents, qui représentent 44% des ventes totales de Nestlé, s’est établie à 9,7% au premier semestre, contre 8,2% il y a un an et 8,5% sur le seul premier trimestre. Les ventes ont crû d’un pourcentage à deux chiffres en Amérique latine avec aussi une bonne croissance en Turquie, au Pakistan, en Afrique et aux Philippines, compensant des conditions plus difficiles en Chine. Dans les Amériques, premier marché du groupe, les ventes ont augmenté de 4,9%, contre +5% il y a un an. La croissance en Europe s’est accélérée à 1,4% mais les prix continuent d’y baisser. La marge opérationnelle s’est légèrement détériorée, revenant à 15% sur les six premiers mois de l’année, contre 15,1% il y a un an et 15,2% sur l’ensemble de 2013. Ceci s’explique notamment par une hausse des coûts de production. Nestlé table toujours pour 2014 sur une croissance organique de quelque 5%, le deuxième semestre devant consolider cet objectif.
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