Moody’s dégrade à son tour ArcelorMittal en catégorie spéculative
La détérioration spectaculaire des résultats d’ArcelorMittal au troisième trimestre a fait perdre patience à Moody’s. Alors qu’elle avait annoncé début août qu’elle attendrait encore quelques mois avant de reléguer la note de crédit du sidérurgiste en catégorie spéculative, l’agence américaine est passée à l’acte hier en abaissant de «Baa3» à «Ba3» la note de la dette senior du groupe, avec une perspective négative. ArcelorMittal était déjà classé en catégorie «non investissement» depuis l’été dernier par S&P et Fitch.
Moody’s justifie la dégradation du groupe par une baisse jugée insuffisante de sa dette et par «une contraction du marché de l’acier qui devrait se poursuivre pendant plusieurs trimestres». Elle considère désormais quasiment impossible la réduction nécessaire de 5 milliards de dollars de la dette nette avant février 2013. Hors cessions d’actifs, ArcelorMittal a indiqué la semaine dernière s’attendre à une dette nette d’environ 22 milliards de dollars à la fin de cette année, contre 23,2 milliards au 30 septembre dernier.
L’aciériste a pris note de la décision de Moody’s, en indiquant qu’il comptait «enregistrer des progrès dans les prochains mois» après les mesures prises pour améliorer le profil de sa dette. Avant même la dégradation de Moody’s, les analystes crédit de Société Générale exprimaient leur préoccupation sur la dette d’ArcelorMittal, en soulignant «la marge de manœuvre réduite sur ses covenants et les risques d’exécution liés aux cessions d’actifs», en dépit de la baisse annoncée du dividende et des investissements pour 2013.
L’impact de la décision de Moody’s n’a pas tardé à se faire ressentir sur le marché secondaire de la dette du sidérurgiste. La valeur de sa souche obligataire de 1,4 milliard de dollars de maturité 2017 (coupon de 4,5%) perdait ainsi 2,78 cents à 96,21 cents par dollar, au plus bas depuis le 10 août dernier. Le coût de protection de sa dette augmentait de son côté de 3,5 points de base (pb) à 557 pb.
Tout en jugeant surprenant le moment choisi par Moody’s pour dégrader sa note, les analystes crédit d’ING estiment que la société aura désormais «davantage de flexibilité pour mettre au point à son rythme le processus de ses ventes d’actifs». Il ajoute qu’une pression moindre concernant ces cessions «peut lui permettre d’obtenir de meilleurs niveaux de prix».
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