Michel Combes mènera l’opération de la dernière chance pour Alcatel-Lucent
Michel Combes a accepté la semaine dernière de diriger ce qui s’apparente à l’opération de la dernière chance pour Alcatel-Lucent. L’ancien directeur financier de France Télécom, qui avait rejoint la direction européenne de Vodafone en 2008 après un passage de deux ans à la tête de TDF, prendra le 1er avril prochain la direction générale de l’équipementier en télécoms. Il remplace Ben Verwaayen démissionnaire, après quatre ans et demi à la tête du groupe. Jean Monty, dirigeant du canadien Nortel avant que celui-ci ne fasse faillite en 2009, est également nommé vice-président du conseil d’administration, aux côtés de Philippe Camus, dont le mandat devrait être renouvelé lors de l’assemblée générale du mois de mai.
S’il connaît déjà bien le groupe, pour avoir été l’un de ses premiers clients avec France Télécom et Vodafone, Michel Combes devrait attendre la fin du mois de mai pour livrer sa première analyse sur la situation d’Alcatel-Lucent. La récente signature d’un prêt de 2 milliards d’euros nanti sur le portefeuille de brevets a certes levé le risque de défaut à court terme du groupe. Mais elle n’a pas réglé les lacunes industrielles de l’équipementier.
Alcatel-Lucent est encore présent sur tous les segments des télécoms (fixe, mobile et réseaux IP) quand son concurrent Nokia Siemens Networks (NSN), dont la taille en chiffre d’affaires est équivalente, a fait le choix de concentrer ses forces sur les équipements pour les opérateurs mobiles. Une stratégie socialement douloureuse, avec 17.000 suppressions d’emplois à travers le monde, mais économiquement payante. NSN affichait un taux de marge brute de 36% au quatrième trimestre 2012, 5,4 points de plus qu’Alcatel-Lucent. Pourtant, sous la direction de Ben Verwaayen, le groupe franco-américain n’a pas ménagé ses efforts de réduction des coûts: 2,7 milliards d’euros de plans d’économies cumulés et quasiment 20.000 suppressions de postes depuis la fusion de 2006, soit un quart des effectifs.
Pour beaucoup d’analystes, Michel Combes devra poursuivre, voire accentuer, ces mesures d’économies. Le tout sous le regard de plus en plus insistant de l’Etat. Le FSI étudie sérieusement un rachat de la division de câble sous-marin, avec plusieurs partenaires, mais pourrait également entrer directement au capital d’Alcatel-Lucent si la situation l’exige.
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