MegaFon veut se faire coter à Londres avant la fin de l’année
Après de nombreux atermoiements, MegaFon devrait finalement être introduit en Bourse à Londres avant fin 2012. Déjà coté à Moscou, le deuxième opérateur mobile russe derrière Mobile TeleSystems, va proposer aux investisseurs des actions ordinaires et des certificats d’actions négociables («global depositary receipts») détenus par sa filiale MegaFon Investments située à Chypre (14,4% du capital) et par TeliaSonera qui s’est dit prêt à céder jusqu’à 10,6% du capital, ce qui ferait descendre sa participation à 25%.
Le principal actionnaire, Alicher Ousmanov, devrait de son côté conserver le contrôle du groupe acquis en avril dernier auprès de l’homme d’affaires Mikhaïl Fridman, soit 50% du capital plus une action.
Le groupe a engagé Morgan Stanley et Sberbank comme coordinateurs globaux de l’offre; ces derniers seront aidés par Citigroup, Credit Suisse et VTB Capital.
Si l’opérateur russe n’a donné aucune précision sur la taille globale de l’offre, des sources proches du dossier évoquent un montant proche de 3 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) pour une vente de 20% du capital, ce qui correspondrait à une valorisation globale d’environ 15 milliards de dollars. Ce qui ferait de l’opération la plus importante introduction en Bourse d’une société russe depuis celle de VTB en 2007.
L’opérateur serait valorisé 5,3 fois l’excédent brut d’exploitation de l’année en cours, contre un multiple de 5 fois pour Mobile TeleSystems et 4,5 fois pour le troisième opérateur mobile du pays VimpelCom.
MegaFon, qui contrôlait au 30 juin dernier 27% du marché mobile russe avec 62 millions d’abonnés, utilisera le produit net de l’offre «pour rembourser ou refinancer sa dette existante et pour faire face aux besoins généraux de l’entreprise, ce qui inclut le développement de son réseau». Au 30 juin dernier, il affichait une dette nette de 156 milliards de roubles (3,9 milliards d’euros) correspondant à près de 2,2 fois ses fonds propres.
Le directeur général Ivan Tavrin, qui ne prévoit aucune acquisition à l’étranger, prévoit de distribuer sous forme de dividendes «50% des bénéfices ou 70% du cash-flow libre, en fonction du montant le plus favorable». En supposant le versement d’un dividende compris dans une fourchette de 450 à 600 millions d’euros d’ici à 2015, les analystes d’Uralsib tablent sur un rendement pouvant atteindre 6%.
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