MegaFon entre enfin en Bourse mais dans le bas de la fourchette de prix
Après des mois d’attente, la vie boursière de MegaFon débute aujourd’hui. Le placement des actions du deuxième opérateur russe de téléphonie mobile s’est achevé hier à Londres et à Moscou, sans éclat. Les titres auraient été vendus à 20 dollars par action, dans le bas de la fourchette de prix (20 à 25 dollars).
Selon des opérateurs, la demande a permis de remplir les carnets d’ordres mais le long week-end de Thanksgiving aux Etats-Unis aurait éloigné les fonds américains. Un ordre de 280 millions de dollars, placés dans les dernières heures par un investisseur, soit à lui seul plus du dixième de l’opération, a permis de soutenir le placement sur la fin. A ce niveau de prix, MegaFon devrait ainsi lever 1,7 milliard de dollars destinés à son désendettement. Le premier report de l’opération en octobre avait fait craindre pour l’appétit réel des investisseurs pour le groupe. Le départ de Goldman Sachs du syndicat bancaire en charge de l’opération avait également relancé les interrogations du marché sur l’opération et la gouvernance de l’opérateur russe.
Ce prix d’introduction fait ressortir une valorisation «assez proche de celle de MTS (le premier opérateur russe, ndlr), avec une très légère décote», indique Igor Semenov, analyste chez Deutsche Bank.
Selon lui, la valeur d’entreprise de l’opérateur, estimée à un peu plus de 16 milliards de dollars, valoriserait 4,2 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2013, contre un multiple de 4,3 fois pour MTS, ce qui pourrait permettre au titre de connaître de bons débuts en Bourse.
Dernier opérateur russe à entrer en Bourse, MegaFon a mis en avant sa capacité à distribuer d’importants dividendes pour convaincre les investisseurs à acheter une place à son capital. Pour déterminer le montant de son dividende annuel, le groupe choisira entre la somme la plus élevée entre 50% de son bénéfice net et 70% de son cash-flow. Le rendement par action pourrait dépasser 7%.
L’entrée en Bourse de MegaFon permet aussi à l’opérateur scandinave Teliasonera de réduire sa participation au capital, de 35,6% à 25%, soldant ainsi partiellement une aventure russe agitée et peu rentable, notamment en raison de disputes régulières avec les autres actionnaires de l’opérateur.
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