Medtronic va s’installer en Irlande après le rachat de Covidien
Changer de régime fiscal devient un moteur des opérations de fusions-acquisitions. En achetant l’irlandais Covidien pour 42,9 milliards de dollars (31,7 milliards d’euros), l’américain Medtronic vient d’en donner une nouvelle illustration. Ces dernières semaines, Pfizer a également tenté, sans succès, de racheter le laboratoire anglo-néerlandais AstraZeneca afin de bénéficier de l’avantageux statut fiscal britannique et de recycler une partie de sa trésorerie qu’il ne peut rapatrier aux Etats-Unis sans payer 38% de taxes.
Dans le cadre de son offre amicale, Medtronic offre 93,22 dollars par action Covidien (0,956 action Medtronic et 35,19 dollars en numéraire), soit une prime de 29% sur le cours de vendredi. A l’issue de l’opération, attendue fin 2014 ou début 2015, les actionnaires de Covidien détiendront environ 30% du nouvel ensemble. Medtronic est conseillé par Perella Weinberg Partners, et Covidien par Goldman Sachs.
Le nouveau Medtronic installera son siège exécutif en Irlande, mais conservera sa direction opérationnelle aux Etats-Unis. Si le groupe américain assure que cette délocalisation n’est pas fiscale – le taux d’imposition restera autour de 18%, selon la medtech – elle lui permettra de débloquer ses 14 milliards de dollars de cash détenus en dehors des Etats-Unis… Le nouveau groupe de services et technologies médicales, qui pèsera 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié hors des Etats-Unis et 3,7 milliards dans les pays émergents, préfère mettre en avant l’élargissement de son portefeuille de produits et services, sa présence dans plus de 150 pays, et la création de valeur permise par des offres plus larges et plus complémentaires. Il attend au moins 850 millions de dollars de synergies de coûts annuelles avant impôts d’ici à la fin 2018, grâce à l’optimisation du back-office, de la fabrication, et de la chaîne logistique. Medtronic compte ainsi dégager davantage de cash flow libre, qui sera investi en particulier aux Etats-Unis.
En effet, il s’engage à investir 10 milliards de dollars en technologie sur les dix prochaines années aux Etats-Unis, que ce soit en capital-risque, en acquisitions ou en R&D. Un montant supérieur aux programmes des deux groupes. «L’industrie de la technologie médicale est essentielle pour l’économie américaine, et nous continuerons à investir et à innover et à créer des emplois bien rémunérés», a assuré Omar Ishrak, PDG de Medtronic.
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