Maître de ses prix de vente, Rhodia se permet de relever son objectif de rentabilité

Solvay devrait prochainement tirer parti des résultats, supérieurs aux attentes, et des perspectives dévoilés par le groupe chimique français
Benoît Menou

Rhodia se pare de ses plus beaux atours avant de s’offrir à Solvay. Le groupe belge devrait en effet «profiter», selon Aurel, des «très bons résultats» trimestriels publiés hier par le français. L’offre amicale, dont le projet a été dévoilé le 4 avril, «devrait être un succès» selon le courtier et devrait s’achever cet été. L’opération offrait au matin de son annonce en avril, avec 3,4 milliards d’euros, une prime de 50% aux actionnaires. Après avoir bondi ce jour-là, le cours de Rhodia se maintient depuis un mois à la lisière du prix d’offre. Hier, il a progressé de 0,37% à 31,60 euros.

Les résultats du premier trimestre, supérieurs aux attentes, ont selon le PDG de Rhodia, Jean-Pierre Clamadieu, «conforté» la volonté de créer avec Solvay un «acteur majeur de la chimie». Le dirigeant met en lumière les «positions géographiques différenciantes» du groupe, notamment sur les marchés émergents, comme source d’un bond de 28% du chiffre d’affaires, à 1,50 milliard d’euros (+39% pour le pôle Consumer Chemicals orienté vers les marchés de grande consommation, à 585 millions).

Surtout, le groupe se targue d’un «pricing power très favorable», cette capacité à maîtriser ses prix de vente dans un contexte de cours élevés des matières premières et de l’énergie. Parallèlement à une hausse des volumes de 9%, les prix ont ainsi augmenté de 13% sur le trimestre écoulé. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) récurrent a atteint un niveau inédit de 283 millions d’euros, en hausse de 28%. Le résultat net a plus que doublé à 151 millions.

A la lecture de ces résultats, les analystes de la banque belge KBC n’ont pu que concéder hier avoir «sous-estimé l’effet du rebond cyclique» de l’activité de Rhodia. Anticipant ainsi «le maintien de bonnes conditions de marché», selon Jean-Pierre Clamadieu, le groupe chimique entend confirmer «un bon niveau de performance» et s’est permis de relever son objectif d’excédent brut d’exploitation récurrent pour l’exercice en cours. Alors qu’il visait jusqu’ici une progression de 5 à 10% par rapport aux 905 millions d’euros engrangés l’an passé, Rhodia vise désormais un Ebitda supérieur à un milliard d’euros, correspondant à une hausse de plus de 10,5% et en ligne avec l’objectif à moyen terme 2013-2015.

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