L’union d’EADS et de BAE Systems semble soumise à l’approbation de Berlin
L’heure tourne. Quand bien même EADS et BAE Systems ont obtenu hier le soutien décisif de la France et du Royaume-Uni à leur projet de fusion, l’Allemagne, inquiète de la perspective de perdre une partie de sa souveraineté, continue à faire montre d’une certaine réticence face au projet.
Les dirigeants des deux groupes d’aéronautique et de défense, Tom Enders et Ian King, n’auront que quelques heures mercredi pour renverser la tendance de négociations rendues de plus en plus difficiles ces derniers jours par la division des Etats et le mécontentement de plusieurs grands actionnaires. «Ce soir il y a un blocage», a déclaré hier à Reuters une source proche des discussions, en allusion à la position de Berlin et de la chancelière Angela Merkel. «(Angela) Merkel s’oppose à l’opération mais elle ne s’est pas justifiée», a indiqué une autre source. Un porte-parole du gouvernement allemand a refusé de commenter ces propos.
Selon d’autres sources, EADS et BAE ne seront pas en mesure de communiquer ce matin avant l’ouverture des marchés, contrairement à ce qu’avait annoncé plus tôt dans la soirée le secrétaire britannique chargé de la Défense, Philip Hammond.
La législation boursière britannique oblige les deux entreprises à dévoiler d’ici à cet après-midi, à 16h00 GMT, les modalités de leur rapprochement, à demander l’autorisation de poursuivre les négociations ou à renoncer. Ce sont les deux dernières hypothèses qui semblaient les plus probables cette nuit.
Le mariage passe assurément par une réévaluation du poids des Etats au capital et par une redéfinition de leurs prérogatives en matière de gouvernance, deux points de friction pour les capitales européennes qui craignent pour l’emploi sur leur sol et leur capacité à peser sur les décisions du groupe. Selon un projet de compromis vu par des sources interrogées par Reuters, la France - qui contrôle actuellement 15% d’EADS et souhaite pouvoir racheter la part de 7,5% du groupe Lagardère - serait autorisée à augmenter sa participation ultérieurement, à condition qu’un plafond global pour les participations publiques soit établi dans la nouvelle entité. L’Allemagne, qui n’est pas présente au capital d’EADS, pourrait se voir offrir un ticket de 9% dans la nouvelle structure, disposer d’une «golden share» et obtenir des garanties sur l’emploi mais elle insiste toujours pour un traitement égal à celui des Français.
Plus d'articles du même thème
-
L'exercice délicat de la renonciation dans les contrats de crédit
Retrouvez le deuxième volet consacré à la renégociation des ratios financiers dans les contrats de crédit. -
Novo Nordisk relève la tête grâce à sa pilule anti-obésité
Le laboratoire danois poursuit son rebond en Bourse grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et à des prévisions un peu moins mauvaises que prévu. -
Arkema maintient ses ambitions annuelles malgré la crise au Moyen-Orient
Le chimiste a enregistré une performance globalement supérieure aux attentes au premier trimestre et tente de s'adapter aux perturbations créées par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : un cargo de CMA CGM visé par une attaque dans le détroit d'Ormuz
Le porte-conteneurs San Antonio, exploité par CMA CGM, a été visé, mardi 5 mai, par une attaque dans le détroit d’Ormuz. Des membres d’équipage ont été blessés, alors que plusieurs navires à « intérêt français » restent bloqués dans la zone -
Bergen, la plus belle porte des fjords de l’ouest norvégien
Quand on pense à Bergen, on visualise immédiatement ces maisons en bois, colorées, alignées telles des sentinelles à l’entrée du port. Toutefois, la ville ne se réduit pas à cette sublime carte postale. Elle déploie tout autour de la baie de Vågen, des quartiers au charme fou, à l’image de villages perchés. Bergen serpente et grimpe jusqu’aux monts Fløyen et Ulriken. Une fois là-haut, un paysage fantastique de fjords, de montagnes, de plateaux et de glaciers émerge dans la lumière du soleil. -
Droits de douane : face aux menaces de Trump, Macron appelle l’UE à activer son « bazooka commercial »
Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à recourir à son instrument anticoercition si Donald Trump relevait les droits de douane sur les voitures européennes. Bruxelles, de son côté, assure être prête « à tous les scénarios »