Luc Besson élabore un scénario complexe de recapitalisation d’Europacorp
Luc Besson sait ménager le suspense. Plus d’un an après avoir annoncé un projet d’augmentation de capital, le dirigeant et premier actionnaire d’Europacorp est proche du but. Une opération juridique et financière complexe, mêlant augmentation de capital en nature et en numéraire avec maintien du droit préférentiel de souscription, doit en effet permettre à sa société de production de lever entre 25,3 et 30,3 millions d’euros, soit environ le tiers de la capitalisation boursière actuelle du groupe. Le schéma, élaboré avec Rothschild, doit être présenté demain au conseil d’administration d’Europacorp.
Selon la direction du groupe, des investisseurs dont l’identité n’a pas été révélée se sont engagés à apporter 13 millions d’euros en numéraire. Luc Besson participerait à titre personnel à cette augmentation de capital.
Cette levée de fonds sera ouverte à tous les actionnaires, ce qui permettrait au bout du compte de porter le produit de l’opération entre 15 et 20 millions d’euros. Objectifs annoncés: financer la diversification du groupe dans la production de séries télévisées ainsi que dans le développement de mutiplexes. Un prospectus détaillant les modalités précises de l’opération sera soumis au visa de l’Autorité des marchés financiers dans les prochains jours.
Une fois cette levée de fonds réalisée, Europacorp mettra en œuvre l’augmentation de capital en nature. Le groupe émettra 1,7 million d’actions nouvelles, soit 8,39% de son capital, pour financer la reprise de Blue Advertainment, une société détenue par Front Line, la holding de Luc Besson, et par Lambert Capital, un véhicule de droit néerlandais créé pour l’occasion par Christophe Lambert, le directeur général d’Europacorp.
La valeur de cette société a été estimée à 10,3 millions d’euros et approuvée par un rapport des commissaires aux apports, malgré une activité en mutation et fortement dépendante de la réussite du projet de Cité du cinéma développé par Luc Besson dans le Nord de Paris.
Cette opération en nature permettra à Luc Besson, à la tête de 62% du capital via sa holding Front Line, de limiter sa dilution au capital d’Europacorp. Elle permettra aussi à Christophe Lambert de devenir directement actionnaire du groupe de cinéma.
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