Londres s’inquiète du mariage entre Bouygues et Equans
L’autorité de la concurrence britannique estime que l’opération pourrait renchérir le coût du gigantesque projet ferroviaire High Speed 2.
Publié le
Aroun Benhaddou
Bouygues a cinq jours pour rassurer la Competition & Markets Authority.
-
Capture écran Bouygues
Le verdict est tombé. Deux mois après démarré l’examen du rachat d’Equans par Bouygues, l’Autorité de la concurrence britannique, la Competition & Markets Authority (CMA), a fait part de son inquiétude dans le cadre de sa décision dite de « phase 1 ». La raison ? Les deux acteurs tricolores font partie de la shortlist des candidats sélectionnés pour l’appel d’offres portant sur la fourniture de caténaires pour le gigantesque projet ferroviaire High Speed 2.
Le programme prévoit de relier Londres, Birmingham, Manchester et Leeds par un réseau de trains à grande vitesse construit entre 2029 et 2045. Cela pour un budget estimé à plus de 80 milliards de livres sterling (94 milliards d’euros), selon le cabinet de conseil en ingénierie Oakervee. La facture est donc salée, mais la CMA estime qu’elle pourrait l’être encore plus, le processus d’appel d’offres devenant moins compétitif après le mariage entre Bouygues et l’ancienne activité de services multi-techniques d’Engie. « Il y aurait un nombre suffisant de concurrents crédibles pour tout futur contrat d’installation et de maintenance de systèmes caténaires à grande vitesse au Royaume-Uni », estime la CMA, dans son rapport du 19 juillet 2022. Mais comme l’appel d’offres High Speed 2 en est à un stade avancé, avec un écrémage déjà réalisé, la disparition d’un des candidats inquiète.
Des propositions attendues
Londres a accordé cinq jours ouvrables à Bouygues pour qu’il puisse soumettre des propositions afin de répondre à cette préoccupation. L’autorité britannique dispose ensuite de cinq jours ouvrables supplémentaires pour déterminer s’il accepte l’offre ou s’il renvoie l’affaire pour une enquête approfondie de phase 2. Contacté, le groupe fondé par la famille Bouygues cherche à éviter l’escalade. « Bouygues travaille sur des engagements appropriés pour répondre aux préoccupations de la CMA », explique un porte-parole. Au niveau européen, des concessions ont déjà été faites avec la cession de l’intégralité de Colas Rail Belgium. Il vient ainsi d’obtenir l’autorisation par la Commission européenne de racheter Equans.
L’institution londonienne scrute avec attention les opérations réalisées entre grands groupe français. Elle avait déjà montré les dents lors de la fusion Veolia-Suez, dans sa décision du 19 mai 2022. La multinationale pilotée par Antoine Frérot avait pourtant décroché l’aval de l’Autorité de la concurrence européenne fin 2021, ainsi que le feu vert de 17 Autorités de la concurrence.
La cession prochaine de ses actifs de production au Vietnam à des investisseurs, doublée d’une reprise de dette, vise à réduire l’intensité capitalistique du spécialiste des véhicules électriques.
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires.
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF.
Depuis la place d'un village pittoresque de l'Aveyron, le secrétaire général de Renaissance s'est lancé dans la course à l'Elysée. Le message a été surligné : l'ancien Premier ministre se tient au cœur des Français.
Vendredi 22 mai, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lancé un appel aux pays membres de l'Otan. Selon lui, ces derniers devraient « répondre » aux inquiétudes de Donald Trump sur le conflit au Moyen-Orient et s'engager à ses côtés
Longtemps apathique sur le dossier du périscolaire, le nouveau maire de Paris n'a en revanche pas traîné pour demander au chanteur accusé de viol d'annuler ses concerts.