L’ombre de l’ère Messier continue de planer sur Vivendi outre-Atlantique
Le feuilleton judiciaire se poursuit aux Etats-Unis pour Vivendi, qui entend bien «continuer de se défendre avec force». Un jury composé de douze personnes du tribunal du District Sud de New York a condamné hier le groupe français à verser à Liberty Media la somme de 765 millions d’euros (le verdict est rendu en euros), à titre de dommages et intérêts dans le cadre de la vente par le groupe américain du réseau USA Network fin 2001. La transaction avait été payée en titres par Vivendi, accusé de tromperie sur l’état de ses comptes. Liberty Media a engagé des poursuites en 2003.
Vivendi n’a pas tardé à réagir à l’annonce du tribunal. Le groupe «conteste le verdict» et «entend user de toutes les voies de recours existantes pour faire annuler la décision ou réduire le montant des dommages-intérêts». Le groupe assure en effet «qu’il existe de nombreux motifs de faire appel» et «reste convaincu qu’il n’a commis aucun manquement». Liberty Media a exprimé sa confiance dans la pérennité du jugement rendu hier. Avocat du plaignant, Stan Mortenson s’est félicité de la somme allouée, tout en précisant que le plus important était que le jury avait bien indiqué au groupe français qu’il s’était mal comporté. L’avocat estime que Liberty Media pourrait doubler la somme perçue en réclamant la totalité des intérêts dus depuis dix ans.
Retour aux sources de l’affaire. En 2001, Vivendi achète le réseau de chaînes télévisées USA Network auprès de Liberty Media dans le cadre d’un échange de titres valorisant la cible à quelque 10,3 milliards de dollars. Une opération entrant dans la stratégie du patron de Vivendi Jean-Marie Messier de faire du groupe un géant mondial des médias. Mais le jury du tribunal de New York a estimé hier que le groupe français n’avait pas respecté les règles du jeu de cet échange de titres en communiquant des informations erronées à son interlocuteur quant à la valeur de ses titres. Un sentiment déjà émis par un autre jury il y a deux ans dans le cadre d’une action en nom collectif à New York. Vivendi est accusé d’avoir masqué une grave crise de liquidité, ayant conduit à la chute de Jean-Marie Messier, une tromperie ayant soutenu artificiellement le cours des titres destinés à payer le rachat de Liberty Media.
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