Logica succombe à l’offre du canadien CGI pour 2 milliards de livres
Le Royaume-Uni apparaît comme une terre d’élection pour les entreprises étrangères à la recherche de croissance externe dans les logiciels et services informatiques. Après le rachat d’Autonomy par Hewlett-Packard à l’été 2011 et celui de Misys par le fonds américain Vista Equity Partners en mars dernier, Logica, conseillé par Rothschild, BoA Merrill Lynch et Deutsche Bank, vient d’accepter l’offre de rachat en numéraire de la SSII canadienne CGI pour 2 milliards de livres (2,5 milliards d’euros) dette incluse.
Si le prix unitaire de 105 pence proposé fait ressortir une prime de 60% par rapport au cours de clôture de l’action de la cible mardi soir, il faut noter que le titre avait chuté de moitié au cours des 12 derniers mois. D’autre part, l’offre correspond en valeur d’entreprise à 6,6 fois l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) de Logica pour l’exercice 2011, contre un multiple historique de 9,3 fois pour les SSII européennes acquises au cours des dix dernières années, selon Bloomberg. Bien que l’action ait terminé la séance à plus de 109 pence hier, on considère chez Natixis une surenchère improbable de la part des concurrents américains, européens ou des fonds de private equity.
«C’est une bonne opération pour les actionnaires de Logica», estime Milan Radia, analyste chez Jefferies. Si cette offre est «opportuniste», l’accord obtenu au prix de 105 pence indique que la SSII britannique, qui avait émis un avertissement sur son chiffre d’affaires en décembre 2011, «n’était pas très confiante dans sa capacité à retrouver le chemin de la croissance et de la rentabilité à moyen terme», nuance Daud Khan, analyste chez Berenbank Bank à Londres.
Conseillé par Goldman Sachs, CGI doublera de taille et devrait se hisser au sixième rang mondial des SSII. Il pourra également «tirer parti de la bonne position de Logica dans les services informatiques externalisés qui représentent 45% de son chiffre d’affaires», commente Gregory Ramirez, analyste chez Brian Garnier. La transaction devrait être bouclée d’ici fin septembre, après aval des autorités réglementaires et des actionnaires des deux sociétés. Elle sera financée par l’émission de bons de souscription auprès de la Caisse des dépôts et placement du Québec qui les convertira ensuite en actions CGI, un financement complémentaire étant fourni par des banques canadiennes.
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