L’IPO de Groupon fait retomber la fièvre sur les valorisations des sociétés internet
Retour au calme après l’euphorie? Le site de bons de réduction Groupon a donné en fin de semaine dernière le coup d’envoi de son introduction en Bourse. Si le document publié n’indique pour le moment ni le nombre d’actions mises sur le marché ni la fourchette indicative de prix, le groupe révèle qu’il entend lever jusqu'à 750 millions de dollars (plus de 500 millions d’euros). Un montant inférieur de 25% à celui intialement anticipé par les analystes.
Il faut dire que les fondamentaux publiés par Groupon à cette occasion ont de quoi tempérer les ardeurs des investisseurs. Si les ventes ont atteint 645 millions de dollars au premier trimestre 2011, contre 713 millions pour l’ensemble de l’année 2010, le site a essuyé 456 millions de perte nette en 2010 et déjà 146 millions au premier trimestre dues à des investissements colossaux. Par ailleurs, LivingSocial, Google ou Facebook, qui se sont lancés sur ce type de service, ont montré que les barrières à l’entrée sont faibles.
Groupon se lance malgré les faiblesses révélées par l’IPO de LinkedIn. Deux semaines après une première séance de cotation qui a vu le cours de l’action passer de 45 à 94,50 dollars, soit un gain de 109%, le titre du site est retombé depuis jeudi dernier sous son prix d’ouverture à 77 dollars. Dans ce contexte, Andrew Mason, cofondateur et directeur général de Groupon, appelle les investisseurs à considérer des critères fondamentaux de long terme: «Si vous pensez à investir, il faut que ce soit, comme moi, parce que vous pensez que Groupon est mieux positionné que nulle autre société dans l’histoire pour redessiner le monde du commerce.» Face aux mouvements de LinkedIn, Peter Thiel, cofondateur de PayPal, avait évoqué la mauvaise appréciation des banques: «Il existe toujours une certaine antipathie de la part de Wall Street quant aux sociétés internet car il ne pense pas que ce soit du réel.»
Groupon, qui a mandaté Morgan Stanley, Goldman Sachs et Credit Suisse pour son IPO, est valorisé 7,3 fois ses ventes, contre 13,8 fois pour Facebook, 18 fois pour Yandex avant le bond de 55% du cours au premier jour de cotation, 20 fois pour LinkedIn et 70 fois pour le chinois Renren. Selon les analystes, un tel écart ne peut se justifier uniquement par les fondamentaux. La multiplication des sociétés cotées du secteur devraient permettre au marché de se faire petit à petit une idée plus juste des valorisations d’internet.
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