L’industrie stimulera la croissance des opérateurs privés dans l’eau
La clientèle d’entreprises représente un fort potentiel de développement pour les opérateurs privés dans le secteur de l’eau, selon une étude récemment publiée par HSBC. Si l’industrie représente à l’échelle mondiale moins de 20% de la consommation d’eau, contre environ 70% pour l’agriculture et un peu plus de 10% pour les particuliers, ce segment de marché, qui pèse actuellement 35 milliards de dollars, afficherait un taux de croissance moyen d’environ 9% entre 2011 et 2017.
En s’appuyant sur les prévisions du «Global Water Intelligence», le bureau d’analyse chiffre à près de 80 milliards de dollars les investissements des secteurs d’activité les plus gourmands en eau au cours des cinq prochaines années (voir graphique). Les technologies à plus forte valeur ajoutée (désalinisation de l’eau de mer et des eaux usées, eau ultra-pure) devraient constituer 38% du total, le reste étant destiné à des systèmes plus classiques de traitement des eaux industrielles. La région Asie-Pacifique, Chine et Inde en tête, serait à l’origine de 40% de ces investissements, suivie à égalité par le continent américain et par la zone EMEA (Europe/Proche-Orient/Afrique).
Face au durcissement des normes environnementales, l’externalisation de la gestion de l’eau décidée par de grandes entreprises comme Nestlé ou BASF, sur leur marché domestique puis à l’international, constitue une source alternative de croissance bienvenue pour Veolia ou Suez Environnement. Ces groupes rencontrent en effet depuis quelques années des difficultés à renouveler les contrats de concession passés avec les entités publiques, notamment en France. En contrepartie d’une durée moins longue, les contrats industriels offrent une marge généralement plus élevée que les contrats municipaux.
Mais l’intensité capitalistique importante du secteur est susceptible de freiner cette expansion, notamment pour Veolia qui devrait encore afficher un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation de 3,9 fois en 2013, selon la banque britannique. Avec un ratio attendu de 2,9 fois, la structure de bilan de Suez Environnement est plus confortable, mais le groupe «est incité à réduire sa dette entièrement consolidée dans les comptes de sa maison-mère GDF-Suez», ajoute HSBC.
Bien qu’elle soit contestée, la fracturation hydraulique nécessaire à l’exploitation des gaz de schiste pourrait d’autre part avantager les groupes américains.
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