L’Europe ouvre la porte à un supplément d’aide pour la Grèce
L’Europe devrait une nouvelle fois voler au secours de la Grèce. «Je pense que l’Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances de la zone euro, NDLR) acceptera que soit apporté à la Grèce un supplément financier», a déclaré le Premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, quelques minutes après avoir reçu son alter ego grec, George Papandréou. Néanmoins, cette aide supplémentaire sera assortie de «conditions strictes», a prévenu Jean-Claude Juncker. Le montant de la nouvelle aide n’a pas été précisé. Il pourrait s'élever, selon différentes rumeurs, entre 60 et 70 milliards d’euros. Des fonds qui s’ajouteraient aux 110 milliards d’euros d’aide internationale votée en mai 2010.
Le contenu précis de la discussion entre les deux dirigeants n’a pas été dévoilé mais il semble que l’annonce de la mise en place d’un fonds de privatisation indépendant ait fini par convaincre les officiels européens. «L’annonce de ce fonds est particulièrement importante», a déclaré Olli Rehn, le commissaire européen en charge des affaires Economiques et Monétaires. Selon les officiels de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, le plan de privatisations pourrait permettre de faire rentrer 50 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat d’ici à la fin de 2015. Une liste d’actifs à vendre à déjà été dressée. Jean-Claude Juncker a également précisé que les conditions imposées à la Grèce «stipuleront une participation du secteur privé sur la base du volontariat».
Le Premier ministre grec doit présenter ces nouvelles mesures d’austérité aujourd’hui aux parlementaires du pays. Une présentation compliquée dans un contexte de forte opposition, dans la rue, mais aussi au sein du parti socialiste au pouvoir. Si l’Union européenne semble prête à une nouvelle aide, le risque d’un échec politique en Grèce n’est pas exclu par certains économistes.
En attendant cette aide supplémentaire, la Grèce devrait percevoir au début du mois de juillet une nouvelle tranche des 110 milliards d’euros accordés l’an dernier. «Les discussions entre le gouvernement grec avec les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international se sont achevés favorablement», selon le ministère des Finances grec. La Grèce a accompli des progrès importants mais il lui faut accélérer les réformes budgétaire et structurelle, observe la troïka.
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