L’Etat rogne sa part dans GDF Suez pour financer l’opération Alstom
L’Etat français conforte le financement de sa montée au capital d’Alstom. Bercy a annoncé hier soir que l’Etat a engagé, par le biais de l’Agence des participations de l’Etat, la cession d’une fraction de sa participation au capital de GDF Suez grâce à un placement institutionnel accéléré. L’opération porte sur 3,6% du capital (3,1% hors option de surallocation), soit 86 millions d’actions. De quoi engranger 1,8 milliard d’euros au cours de clôture du groupe hier (20,81 euros, +1,27% sur la séance).
L’Etat souligne avoir «saisi l’opportunité» offerte par la loi dite Florange de mars dernier visant à «reconquérir l’économie réelle» lui permettant de «substituer à l’obligation de détention par l’Etat du tiers du capital de GDF Suez une obligation de détention du tiers des droits de vote». L’Etat, qui détient aujourd’hui 36,71% du capital, pourra déroger temporairement à ses obligations dans l’attente de l’acquisition de droits de vote double dans un délai de deux ans suivant l’entrée en vigueur de la loi.
Les conditions du placement consultées par Reuters stipulent que la fourchette de prix retenue est de 20,18 à 20,81 euros par action, représentant une décote maximale de 3% sur le cours de clôture d’hier. Citigroup, Bank of America Merrill Lynch, la Société Générale et Goldman Sachs sont à la manœuvre en tant que teneurs de livre conjoints.
Assurant que l’opération de cession «s’inscrit dans le cadre d’une politique de gestion active» de ses participations, dans le respect de ses intérêts patrimoniaux et stratégiques, l’Etat avance que son produit «pourra être utilisé pour financer (s)a montée en puissance» au capital d’Alstom. Le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg avait pourtant hier encore assuré que l’Etat disposait d’ores et déjà des capacités financières pour mener à bien l’achat de 20% du capital d’Alstom, pour 1,7 à 2,0 milliards d’euros, après les cessions de titres récemment réalisées dans d’autres groupes comme Airbus, Safran et Aéroports de Paris offrant à la puissance publique un trésor de guerre de plus de 2 milliards d’euros.
Mais le gouvernement a sans doute souhaité tirer parti de conditions jugées favorables pour s’alléger au capital de GDF Suez alors que le cours a bondi de 40% sur douze mois et que le dividende au titre de 2013 est stable à 1,50 euro par action.
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