L’Etat profite pleinement de la concurrence entre les opérateurs de téléphonie mobile

Le Trésor pourrait percevoir plus de 3,3 milliards d’euros au total de la vente des fréquences 4G. Une inflation provoquée par l’arrivée de Free
Olivier Pinaud

L’Etat se frotte les mains. Le Trésor français s’est assuré la semaine dernière 936 millions d’euros de recettes grâce à la vente de quatre blocs de fréquences de téléphonie mobile dans la bande dite des 2,6 GHz. Ces fréquences permettront aux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile) d’offrir des services de téléphonie mobile à très haut débit (4G), principalement dans les villes, là où le nombre de clients potentiels est le plus important. D’où une concurrence forte entre les opérateurs pour s’assurer un bloc de bonne taille.

Le montant cumulé de 936 millions d’euros perçu par l’Etat est 34% plus élevé que le prix de réserve qui avait été fixé à 700 millions. A 10 centimes par habitant, le MHz est deux fois plus cher en France qu’en Espagne ou en Italie, où des fréquences sont aussi en vente.

De bon augure pour la suite. L’Etat a en effet mis en vente des fréquences en 800 MHz, avec un prix de réserve de 1,8 milliard d’euros. Si les opérateurs payent une prime aussi importante que pour les blocs en 2,6 GHz, le Trésor pourrait percevoir en tout et pour tout plus de 3,3 milliards d’euros.

L’Etat qui, dès le départ, avait organisé les appels d’offres pour maximiser ses recettes, profite de la concurrence dans le secteur, exacerbée par l’arrivée de Free Mobile début 2012. L’opérateur mobile du groupe Iliad a accepté de verser 271 millions d’euros pour un bloc de 20 MHz, soit 21 centimes le MHz par habitant. Un investissement significatif à l’échelle du groupe (6 euros par action) mais couvert par la trésorerie: 940 millions d’euros fin juin, dont 500 millions levés via une émission obligataire en mai 2011. De plus, comme le souligne Stéphane Beyazian chez Raymond James, «cette acquisition enlève toute limite technique au potentiel d’acquisition de clients de Free Mobile, jusque-là bridé par la taille du bloc détenu en 3G» et permettra à l’opérateur de lancer ses offres tout illimité.

En payant ce bloc plus cher que prévu, Iliad alourdit la facture de son projet mobile, estimée au total à un peu plus de 1,5 milliard d’euros. Mais il doit aussi permettre à Free Mobile de gagner plus de clients qu’initialement prévu. Au total, les analystes d’Oddo estiment la création de valeur du projet Free Mobile à 2 milliards d’euros, 36 euros par action.

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