L’Etat actionnaire ne veut pas d’une réduction trop brutale du dividende de France Télécom
Comme il l’a récemment montré chez Safran ou Air France, le nouveau gouvernement se veut intransigeant sur la rémunération des dirigeants des entreprises publiques ou détenues partiellement par l’Etat. Il est revanche moins ferme sur les dividendes. Lors de l’assemblée générale de France Télécom, l’Etat actionnaire a voté contre la résolution présentée par France Télécom Actions, l’un des deux fonds commun de placement des salariés de l’opérateur. Celui-ci proposait de réduire à 1 euro le dividende par action versé au titre de 2011, soit 0,4 euro de moins que prévu, afin notamment d’investir dans des relais de croissance. La résolution a été rejetée à 85%.
«Nous avons atteint tous nos objectifs financiers en 20011 et il est donc logique de tenir notre engagement vis-à-vis de nos actionnaires. La résolution proposée par le FCPE n’a pas obtenu le soutien du conseil d’administration», a expliqué Stéphane Richard, le PDG de France Télécom.
Le dividende de France Télécom constitue une ressource importante pour l’Etat français. En 2011, grâce à ses 13,5% au capital de l’opérateur, le Fonds stratégique d’investissement a perçu 500 millions d’euros, soit les trois quarts de son bénéfice annuel. En ajoutant la part détenue par l’Agence des participations de l’Etat (13,47%), France Télécom a reversé en 2011 un milliard d’euros à l’actionnaire public. Et autant en 2012. Avec ce coupon, l’action procure un rendement de 13,6% aux cours actuels.
En revanche, ce montant diminuera en 2013. Stéphane Richard a confirmé que le dividende sera ajusté à la baisse à compter de l’exercice en cours afin de ne pas mettre en danger la politique d’investissement et le bilan du groupe dans un contexte de baisse du chiffre d’affaires et des marges. Le montant total versé sera compris entre 40 et 45% du cash-flow opérationnel attendu à 8 milliards d’euros, à 0,2 milliard près.
Cela donne un dividende théorique par action compris entre 1,18 et 1,39 euro, dont 0,6 euro sera versé sous forme d’acompte en septembre 2012. Parmi les courtiers les plus optimistes, Credit Suisse attend 1,30 euro au titre de 2012, puis 1,25 euro pour les deux années suivantes, soit des montants annuels cumulés de 3,4 milliards et 3,3 milliards d’euros. La part annuelle totale revenant au FSI et à l’APE devrait ainsi tomber autour de 890 millions d’euros.
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