L’Espagne cherche à protéger ses entreprises cotées en Bourse
Avec l’effondrement des cours de l’Ibex 35, l’indice espagnol composé des 35 plus grosses capitalisations boursières, la valeur des entreprises espagnoles a littéralement été laminée. «Vu la forte chute des cours, pratiquement toutes les compagnies espagnoles pourraient actuellement devenir la cible d’une OPA», estime Enrique Perez-Hernandez, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières (IEB). Le gouvernement espagnol cherche donc à empêcher d’éventuelles attaques contre ses entreprises, notamment à travers des OPA hostiles, avec deux amendements votés hier au Sénat à l’unanimité.
Le premier, sur la loi des sociétés de capitaux, cherche à «protéger les petits actionnaires» et «empêcher le contrôle d’une société avec un paquet d’actions inférieur à 30% du capital», explique à L’Agefi le sénateur du Parti Populaire (PP), Luis Aurelio Rodriguez Comenador. Cette modification éliminerait donc le fameux amendement Florentino de 2010 qui interdisait de limiter dans les statuts les droits de vote des actionnaires. Il permettra désormais aux sociétés d’inclure dans leurs statuts que «l’offre d’achat soit acceptée par 70% ou plus des actionnaires», précise-t-il.
L’autre amendement proposé par le PP introduit une nouvelle disposition à la loi sur les Marchés boursiers qui oblige les investisseurs lançant une OPA à le faire à un juste prix, notamment si l’entreprise visée par l’offre a été sujette à une situation exceptionnelle, telle une catastrophe naturelle ou une expropriation. Le sénateur explique que le prix de l’offre devra être inclu dans un rapport d’experts indépendants et devra s’établir «selon la valeur en Bourse de l’entreprise l’année antérieure et non au moment où se produit la situation exceptionnelle».
Selon le quotidien Expansion, ces deux initiatives ont été faites sur mesure pour le géant pétrolier Repsol, dont le titre a considérablement chuté suite à l’expropriation de sa filiale argentine YPF et pour la compagnie d’électricité REE après ses mésaventures boliviennes. Un expert du secteur énergétique estime qu’il est normal que l’Espagne cherche à protéger ses entreprises d’un éventuel prédateur et «rendre une OPA plus difficile pour ceux qui souhaiteraient profiter d’un moment de faiblesse pour s’emparer des actifs d’une compagnie sous-valorisée».
Ces deux amendements devront repasser à la fin du mois devant le Parlement pour approbation définitive.
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