« Les valorisations relèvent actuellement d’un phénomène d’humeur »
L’Agefi : Peut-on se baser sur les multiples pour savoir si les sociétés européennes sont sous-valorisées ?
Olivier Lazar : Nous sommes depuis des mois dans une zone charnière. Après une crise de liquidité et de confiance historique et des mesures d’une ampleur inégalée, les investisseurs fondamentaux sont, aujourd’hui, globalement absents du marché préférant attendre des signes plus concrets de la reprise. 70% des mouvements sont faits par le trading, ce qui relègue les indicateurs fondamentaux au deuxième plan. La valorisation des entreprises relève donc plus d’un phénomène d’humeur. Le marché a presque fait trois fois l’aller-retour entre 3.400 et 3.800 points soit 12% d’ampleur et aucune tendance n’arrive à se dessiner en Europe depuis le troisième trimestre 2009.
La rigueur budgétaire aura-t-elle un impact sur le CAC 40 ?
Les Etats ont cautionné les banques pour sauver le système et permettre à la liquidité de circuler, mais les montants engagés ont été tels qu’il faut rééquilibrer les comptes. Il n’existe que deux moyens: espérer une hausse du PNB ou diminuer les déficits en contrôlant les dépenses et en améliorant les recettes fiscales. Les investisseurs ont compris dès avril que l’Europe choisirait la voie de la rigueur et qu’à ce titre, les prévisions de croissance, devaient être revues à la baisse. Les marchés européens ont immédiatement corrigé d’environ 12%, le CAC repassant sous les 4.000 points pour se stabiliser entre 3.650-3.550. Il restera dans cette zone d’attente pendant plusieurs mois, et ce n’est qu’à partir de la publication des résultats du troisième trimestre 2010 qu’une nouvelle tendance sera possible.
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