Les valeurs technologiques américaines soufflent le chaud et le froid

Intel a douché les espoirs de redressement du marché des PC en fin d’année, tandis qu’IBM a souligné la prudence de ses clients
Benoît Menou

Intel a fait part hier soir de prévisions pour son chiffre d’affaires et sa marge brute du quatrième trimestre jugées décevantes par Wall Street. De quoi réduire comme peau de chagrin les espoirs d’un redressement de la demande d’ordinateurs individuels vers la fin de l’année. La croissance ralentissant en Chine et étant à la peine en Europe et aux Etats-Unis, les analystes anticipent une légère baisse des ventes mondiales de PC cette année, une première depuis 2001.

Intel mise pour le trimestre en cours sur une marge brute de 57%, plus ou moins deux points de pourcentage, là où le consensus tablait sur une marge voisine de 62%. L’objectif en termes de chiffre d’affaires s’est également révélé décevant, à 13,6 contre 13,74 milliards de dollars. Pour le trimestre écoulé, les ventes ont accusé un repli de 14,2 à 13,5 milliards, et le bénéfice net a fondu de 3,47 à 2,97 milliards. Le titre perdait 3% dans les échanges électroniques en soirée outre-Atlantique.

Un recul boursier comparable à celui de l’action IBM, qui n’a pas davantage soulevé l’enthousiasme des opérateurs en publiant ses résultats trimestriels, avec un chiffre d’affaires inférieur aux attentes. Il a concédé un repli de 5% à 24,7 milliards de dollars, tenant compte d’un effet de change défavorable pour un milliard, sur fond d’un certain attentisme des clients pour l’achat de systèmes complets à l’approche des élections présidentielles américaines. «Le client ne met pas la main au portefeuille», souligne un analyste. Surtout, les ventes ont baissé de 9% en zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) à 7,2 milliards de dollars. Le bénéfice par action hors exceptionnels du trimestre écoulé a tout de même respecté les espoirs de Wall Street, et IBM a confirmé son objectif annuel d’un bénéfice par action au moins égal à 15,10 dollars.

Microsoft a par ailleurs ouvert hier les précommandes pour sa tablette Surface, disponible à la vente à compter du 26 octobre. A un prix moins élevé (499 dollars) que l’iPad d’Apple (599 dollars). La comparaison n’est pas anodine, tant Microsoft mise beaucoup sur ce nouveau produit qui s’engage dans un marché créé par la marque à la pomme, et dont cette dernière détient à ce jour encore 70%. Le prix de vente choisi par Microsoft met en lumière de hautes ambitions, ce qui n’est sans risques puisque de fournisseur de logiciels, Microsoft devient avec Surface fabricant de matériel informatique.

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