Les valeurs moyennes vont faire face à une difficile année boursière

Les midcaps pâtiront du risque de liquidité, de la faiblesse du crédit bancaire et de leur forte exposition à l’économie européenne
Bruno de Roulhac

Quelle année 2012 pour les valeurs moyennes françaises? Après la sous-performance de l’an dernier, les gestions affichent la prudence, d’autant que ces valeurs sont plus sensibles à la volatilité et au manque de liquidité que les grandes capitalisations.

En 2011, les valeurs moyennes ont surperformé les grandes capitalisations jusqu’au printemps, mais ont décroché au milieu de l’été, «période à partir de laquelle les marchés interbancaires ont donné les premiers signes de tensions sur la liquidité, relève Natixis. Cette relation est surtout justifiée en Europe où une grande partie du financement des midcaps est assuré par le secteur bancaire». La crainte d’un credit crunch entraîne une défiance à l’égard des valeurs moyennes. Morgan Stanley rappelle qu’en période de faible croissance du crédit (2001-2002 et 2008-2009), les bigcaps ont été gagnantes. De plus, ce tarissement du crédit devrait peser sur les volumes de fusions-acquisitions, principal moteur de la surperformance des valeurs moyennes.

Pourtant, les valeurs moyennes devraient publier des résultats 2011 records, estime Oddo. Il anticipe une hausse de 13% du résultat opérationnel par rapport à 2010 et de 8% par rapport au précédent record de 2007, «grâce notamment à une belle dynamique des chiffres d’affaires». Oddo table aussi sur une hausse de l’opérationnel de 3% en 2012, et de 12% en 2013. Toutefois, «l’environnement macroéconomique laisse planer le doute sur la poursuite de cette tendance positive, l’évolution des indices boursiers [en 2011] sous-entendant de fortes révisions en baisse de nos prévisions 2012-2013», prévient Oddo. D’ailleurs, Morgan Stanley juge «très optimistes» les prévisions de bénéfices pour les valeurs moyennes, alors que 75% de leurs revenus proviennent d’Europe, contre la moitié pour les bigcaps.

De plus, avec une pondération beaucoup plus importante en valeurs cycliques, les midcaps sont bien plus exposées à la récession européenne. En effet, «les cycliques n’offrent pas une visibilité très encourageante et certaines sociétés diffusent des messages prudents pour leurs marges 2012, constate Oddo à l’issue de son Midcap Forum annuel. Le ralentissement conjoncturel semble apparaître aux dirigeants d’entreprises, moins fort qu’en 2009, mais plus durable». Toutefois, «à plus long terme, les midcaps restent, selon nous, fondamentalement attractives grâce à leur profil de croissance (growth)», conclut Natixis.

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