Les surcapacités vont perdurer dans l’industrie automobile européenne
L’automobile a effacé la crise… du moins en matière de production. Selon PricewaterhouseCoopers, les volumes mondiaux devraient cette année remonter à 69 millions d’unités (leur niveau de 2007), après un creux à 57 millions l’an passé sous l’effet des destockages.
Ceci étant, les mutations s’accélèrent. En 2007, les pays matures représentaient encore 65% de la production mondiale (voir illustration). Mais cette année, leur part devrait chuter à environ 53%. Plus symbolique encore, «à partir de 2012, plus de 50% de la production mondiale sera réalisée par les pays émergents», note PwC. L’an passé, la société de conseil ne prévoyait cette bascule qu’à partir de 2014.
Il faut dire que dès cette année, le sursaut des émergents (où réside une part croissante de la demande) a été spectaculaire. Sur une hausse de production mondiale estimée à 11,2 millions d’unités entre 2009 et 2010, 6,5 millions proviendront des émergents (dont 3 millions de Chine).
La suite devrait confirmer la tendance. Sur la période 2009-2016, l’Union européenne et l’Amérique du Nord ne devrait contribuer qu’à hauteur de 30 points à la croissance mondiale de la production, les Bric devant apporter 50 points. Ainsi, les émergents réaliseraient 56% de la production en 2016.
Ceci n’est pas sans soulever des questions sur l’industrie automobile dans les zones développées. Si les lourdes restructurations effectuées aux Etats-Unis devraient permettre de remonter le taux d’utilisation des capacités à 95% en 2015, PwC estime qu’il restera dans un tunnel de 70 à 80% en Europe. Reste à savoir si les constructeurs accepteront durablement cette situation de surcapacité.
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