Les salariés profitent peu de la création de valeur au sein du CAC 40
En ce début de campagne présidentielle, Euro RSCG a dévoilé hier sa première étude sur le partage de la valeur au sein du CAC 40. Un sujet évoqué dès février 2009 par le président Nicolas Sarkozy, demandant une répartition égale des profits entre l’entreprise, les salariés et les actionnaires. Une ambition encore loin de la réalité (voir graphique). Pour sa part, l’association ATH avait constaté le mois dernier un partage de la valeur ajoutée et des bénéfices 2010 de 450 PME françaises entre salariés (68,4%), Etat (10,9%), actionnaires (8%) et entreprise (12,7%).
Malgré les crises, les entreprises du CAC 40 continuent à créer de la valeur, accroissant en moyenne de 22% leur trésorerie d’exploitation entre 2006 et 2011. Un cash flow consacré en priorité au désendettement. En revanche, les investissements sont en chute de 25% sur la période. Ils «pourraient redémarrer, car les stocks sont très bas, mais pas en France», anticipe Bénédicte Hautefort, auteur de l’étude d’Euro RSCG.
La part de l’actionnaire a progressé de 31% en cinq ans. Mais avec la chute de 30% du CAC 40, et malgré les dividendes et les rachats d’actions, l’actionnaire a perdu 18% de sa mise.
En revanche, la rémunération des dirigeants a crû de 34%, progressant plus rapidement que celle des salariés et que le cash dégagé par l’entreprise. Désormais, la moitié du CAC 40 prend en compte des critères extra-financiers pour déterminer la rémunération variable.
Si la masse salariale a progressé de 30% depuis 2006, les salaires par personne ont seulement crû de 13% en raison de la hausse des effectifs et des emplois précaires (CDD, temps partiels subis,…) qui représentent aujourd’hui plus d’un tiers des emplois du CAC 40.
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