Les risques pesant sur GE Capital affaiblissent la qualité de General Electric
Moody’s juge sévèrement les risques de General Electric (GE). L’agence de notation a décidé de dégrader d’un cran la note de dette senior du conglomérat américain, à Aa3, et deux crans celle de sa filiale financière, GE Capital, à A1. La note du groupe est désormais trois crans en dessous du Aaa qu’il avait réussi à conserver pendant 42 ans avant de le perdre en 2009 suite aux effets de la crise financière sur la qualité du financement de GE Capital, très dépendant de son accès aux marchés de capitaux.
«La dégradation reflète le point de vue de Moody’s sur l’augmentation du profil de risque inhérent au financement de sociétés comme GE Capital, qui revêt une importance stratégique pour GE, plutôt qu’une quelconque variation estimée du risque dans la gamme des activités industrielles de GE», explique l’agence. D’ailleurs la note intrinsèque de GE Capital, en ne tenant pas compte du soutien de sa société mère, a été dégradée à Baa1, alors que Moody’s considère que le groupe GE «continue d’avoir un grand nombre de caractéristiques d’une qualité de crédit digne d’un Aaa». Avec une note de A1, GE Capital est notée un cran plus bas que sa société mère, mais bénéficie d’un crédit de trois crans par rapport à sa situation individuelle.
Un jugement plus sévère que celui de S&P qui note GE et GE Capital à AA+, soit un cran au-dessus de la note attribuée par Moody’s avant dégradation. Le porte-parole de GE, Andrew Williams, a instantanément réagi en estimant que cette décision reflétait plus les effets d’un changement de méthodologie de la part de Moody’s qu’une détérioration de la qualité de crédit du groupe, avec, selon lui, une «liquidité et des capitaux (qui) n’ont jamais été aussi solides». Et d’ajouter qu’«avec plus de 80 milliards de dollars de trésorerie et un bilan sain, GE est bien positionné et GE Capital reste l’une des sociétés financières les mieux notées au monde».
Néanmoins, la revue entamée par le groupe de régulateurs du Financial Stability Oversight Council (FSOC) sous l’égide du secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, pour mettre en place un nouveau système de mesure permettant de mieux identifier une société «systémiquement importante» devrait toucher au premier chef GE Capital, malgré ses mouvements de protestation. Une mesure qui impliquerait un durcissement des exigences en termes de fonds propres pour la société.
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