Les professionnels français de l’automobile ne se bercent pas d’illusions
Jusqu’ici tout va bien. Mais l’heure du retournement va immanquablement sonner. Grâce aux derniers effets de la prime à la casse, le volume des immatriculations automobiles en France a de nouveau fait preuve d’une évolution positive le mois dernier. Selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), 257.631 voitures particulières ont été immatriculées en mars dans l’Hexagone, 6,1% de mieux que l’an dernier.
Sur trois mois, le marché a affiché une progression de 8,9%, ramenée à 7,2% après correction liée au nombre de jours ouvrables. Cette correction abaisse en parallèle les hausses sensibles constatées sur le premier trimestre côté véhicules utilitaires légers et véhicules industriels, respectivement de 6,9 et 60%.
En mars, les constructeurs français ont pris deux routes divergentes. Tandis que PSA Peugeot Citroën gagnait 13,5% (+8,8% pour Peugeot, +19,2% pour Citroën), le groupe Renault concédait une chute de 12,4% (-8,0% pour Renault, -26,5% pour Dacia). Les deux groupes ont ainsi accaparé 58,2% du marché des véhicules particuliers le mois dernier (34,5% pour PSA Peugeot Citroën, 23,7% pour le groupe Renault). Directeur commercial France de Renault, Bernard Cambier a expliqué la contre-performance du groupe par des «délais de livraison client» inhabituels «depuis le début de l’année». Une situation que le président du CCFA Patrick Blain lie aux difficultés de fournitures de pièces nées du décalage entre rétablissement de capacités de production et accélération de la demande. Ford (-7,6%) et Fiat (-6,8%) ont également été à la peine.
L’évolution du marché hexagonal au premier trimestre a permis au CCFA d’améliorer sa prévision pour l’ensemble de l’année 2011, même si le chemin reste encore bien sinueux. L’organisation table désormais sur une contraction de 8% du volume des immatriculations sur l’exercice, contre une précédente estimation d’une baisse de 10%. Patrick Blain a précisé qu’il ne percevait pas pour les mois de mars et avril de conséquences sur l’activité du secteur automobile en France du tremblement de terre ayant frappé le Japon le 11 mars dernier. Bernard Cambier, chez Renault, a de son côté confirmé hier viser, sur la base «du niveau de commandes et de la dynamique commerciale dans les affaires du réseau», le maintien d’une «part de marché proche de celle de 2010, dans un marché en baisse».
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