Les PME doivent changer leurs habitudes dans leur recherche de financement
A l’heure de la crise et de Bâle 3, les dirigeants de PME se voient de plus en plus confrontés au risque de non-financement. Ces patrons français manquent d’une vraie culture de la trésorerie, a expliqué Christophe de Brébisson, associé RSM Dba, réseau de cabinets d’expertise-comptable et de conseil, lors d’une conférence organisée avec l’éditeur de logiciels Cegid.
RSM invite les PME à rompre avec les habitudes : ne pas être «surdépendant» d’une seule banque, exiger un accord écrit pour les intentions de financement, et utiliser les financements publics du type FSI et Oséo, avant la création de la banque publique d’investissement en 2013.
Oséo offre une garantie aux banques sur 20 à 70% des crédits accordés aux PME, mais propose aussi directement des financements aux entreprises. Ces contrats de développement de 400.000 à 600.000 euros sur 5 à 7 ans, ne nécessitent aucune garantie de la part de l’entreprise et de ses dirigeants, hormis une assurance décès invalidité, avec un dépôt de garantie de 5% rémunéré.
Plus récemment, Oséo a créé le contrat de développement participatif (CDP), concernant exclusivement des entreprises en bonne santé financière, pour accompagner des projets de développement et non une restructuration financière. Le financement peut se monter de 0,3 à 3 millions d’euros, sans garanties autres que celles exigées pour les contrats de développement, mais avec un effet de levier obligatoire : 1 de CDP pour 1 d’apport en fonds propres et/ou 1 de CDP pour 2 de crédits bancaires.
«Ce produit a l’avantage de ne pas être adossé à une garantie réelle, du type nantissement de titres, et de ne pas être dilutif, explique Pedro Novo, directeur régional d’Oséo Paris. Il permet par exemple de financer une acquisition à l’étranger, ce que font rarement les banques, ou en France». Le coût de ce financement pour une PME notée 3+,3 ou 4+ par la Banque de France ressort à 3,27% en taux fixe.
Pour sa part, le FSI Régions intervient pour répondre aux besoins en fonds propres des PME de 0,3 à 4 millions d’euros. Soit par la prise de participation au capital, de 1 à 25%, mais sans siéger au conseil de la société, laissant au dirigeant sa liberté d’action. Soit par des obligations convertibles, notamment le dispositif OC+, de 0,5 à 4 millions d’euros, mais sans conversion, avec un coût de 5%, assorti d’une prime de non-conversion de 7% déductible fiscalement depuis un récent arrêt du Conseil d’Etat.
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