Les niveaux records de trésorerie permettent un regain d’acquisitions en cash
Les acquisitions du sud-africain Massmart par Wal-Mart pour 4,3 milliards de dollars et d’Alberto-Culver par Unilever pour 3,7 milliards de dollars, toutes deux réalisées en numéraire, montrent le retour en grâce de l’utilisation du cash dans les opérations de rachat. Les données compilées par Dealogic pour L’Agefi montrent en effet que 67% des transactions globales ont été réglées intégralement en numéraire depuis le début de l’année, alors que cette proportion n’était que de 57% en 2009 et que la moyenne sur les dix dernières années est d’environ 60%.
Cette tendance s’explique par un rééquilibrage géographique, les entreprises américaines ayant nettement plus utilisé leur trésorerie pléthorique dans leurs opérations, tandis que les entreprises européennes se sont, elles, montrées plus prudentes en diversifiant leurs sources de financement. Ainsi, presque 60% des transactions réalisées aux Etats-Unis ont été financées en cash en 2010, soit 22 points de plus qu’en 2009. Côté européen, la baisse de 8 points des transactions en numéraire en 2010 a été compensée par une hausse de même ampleur du recours aux paiements en actions.
Les montagnes de cash sur lesquelles sont assises les sociétés américaines ne sont certainement pas étrangères à ce retournement. En effet, une étude de S&P montre que les groupes industriels ont gonflé leur trésorerie pour le septième trimestre consécutif à 842,5 milliards de dollars, soit plus de 11% de la valeur de marché actuelle et 5 fois les dividendes annuels, «un niveau historiquement élevé». Le fait de ne pas avoir à passer par les marchés dans un environnement économique incertain devrait soutenir les financements des opérations en cash dans les prochains mois.
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