Les marges du secteur du luxe seront difficiles à maintenir en 2012
Après leurs excellents résultats du premier trimestre, les grands acteurs du luxe seront-ils en mesure de poursuivre sur cette tendance? Si le ralentissement de la croissance se confirme en Asie, et si l’Europe du Sud souffre, la faiblesse de l’euro soutient les achats des consommateurs étrangers sur le Vieux Continent.
«Les bases de comparaison sont difficiles (+26% à changes constants au deuxième trimestre 2011) et la normalisation de la croissance entamée en Chine pose la question de la capacité de la zone à maintenir une expansion à deux chiffres à moyen terme», note Oddo, anticipant une croissance des ventes de 12,3% à changes constants au deuxième trimestre 2012. Sur l’ensemble de l’année, la croissance organique du secteur serait en moyenne de 11% selon Aurel BGC.
En revanche, les marges seront difficiles à maintenir. Richemont et Hermès ont déjà prévenu qu’elles se contracteront. Si le consensus table sur une amélioration de 30 points de base, Aurel BGC estime qu’il «existe un réel risque d’effet ciseau sur les marges à court terme». Tout dépendra de la tenue des ventes.
Dans ce contexte, Aurel BGC privilégie les acteurs du soft luxury (maroquinerie, prêt-à-porter...) «historiquement plus résistants en phase de ralentissement et bénéficiant de bases de comparaison moins défavorables au deuxième trimestre». Le bureau d’analyse avoue ainsi sa préférence pour Burberry, Christian Dior et PPR.
Dans le cadre d’un «stress test» basé sur une réédition de la crise de 2009, Natixis anticipe une baisse de 37% des actions du secteur. «Cette démarche nous paraît être cependant particulièrement conservatrice: depuis 2009, les groupe suivis ont significativement progressé en termes d’exposition émergente et de gestion de leur distribution et des stocks», ajoute Natixis.
En outre, les niveaux de valorisation sont désormais «très attractifs», estime Oddo, avec un secteur (hors Hermès) se payant 15,2 fois ses résultats attendus pour 2012, contre un PE historique de 20,5. De même, en termes de rentabilité, le secteur se traite sur un ratio valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation (Ebit) de 10,5 contre 13,5 historiquement, ajoute le bureau d’analyse.
Par rapport au Stoxx 600, «la prime de PE 2012 atteint 84% contre 62% historiquement, soit un niveau supérieur à la moyenne, mais justifié par des croissances de BNA attendues quatre fois supérieures au marché pour le secteur», conclut Oddo.
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