Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables devraient rebondir en 2010

L’Observatoire européen des marchés de l’énergie souligne qu’ils ont reculé de 7 % à 162 milliards de dollars l’an passé
Yves-Marc Le Reour

La douzième édition de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie, étude annuelle de Capgemini à paraître aujourd’hui, fait état d’une reprise au premier semestre 2010 de la consommation d’électricité et de gaz en Europe (+3,4 % et +10,3 % respectivement). Après la chute générale enregistrée en 2009, ce rebond en partie lié à un hiver froid s’est accompagné d’une augmentation des capacités de production dans les 27 pays de l’Union. Toutefois, l’étude note que la crise économique et financière «a accéléré la délocalisation de la production industrielle en Asie» et que la poursuite de cette tendance devrait contribuer à tirer vers le bas la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.

Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables, qui avaient progressé de façon ininterrompue au cours des quatre années précédentes, ont reculé en 2009 de 7% à 162 milliards de dollars (source: Bloomberg Energy Finance) mais ceci recouvre des situations contrastées, avec une chute respective de 38% et 10% en Amérique du Nord et en Europe, tandis que l’Asie a bénéficié de la forte progression (+53%) des investissements chinois. L’empire du Milieu est ainsi devenu «à la fois le premier fabricant mondial d’éoliennes et le plus important marché pour ce type d’énergie », grâce à l’ajout de 13.000 MW qui a conduit en un an au doublement de sa capacité installée. Premier producteur de panneaux solaires photovoltaïques, ses exportations s’élèvent dans ce domaine à environ 15 milliards de dollars.

En Europe notamment, «les lourdeurs administratives et les retards pris dans l’allocation des financements ‘verts’ des plans de relance expliquent cette baisse», commente Colette lewiner, directeur international du secteur Utilities, Energie et Chimie chez Capgemini. Ces investissements dans les énergies renouvelables devraient rebondir en 2010, bien que les plans de rigueur adoptés par la plupart des Etats membres pour réduire leurs déficits publics puissent avoir un impact défavorable. Comme ces énergies ne sont pas encore rentables, les coûts supplémentaires devront alors être supportés par les consommateurs à travers «une hausse des tarifs délicate à mettre en place en période de reprise économique modérée», souligne l’étude.

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