Les investissements de la chimie française reculeraient de 10% en 2012

Plus homogène entre les différents segments du secteur, la croissance de la production en volume se limiterait à 1,8% après +5,9% en 2011
Yves-Marc Le Reour

Bénéficiant d’une demande soutenue au premier semestre, l’industrie chimique française a enregistré une hausse de 5,9% de sa production en volume sur l’ensemble de l’année, selon le rapport publié hier par l’Union des industries chimiques (UIC) qui tablait en novembre dernier sur +4,5%. La chimie organique est le seul segment à s’être contracté l’an dernier (-1,3%) en raison du profil plus cyclique de la pétrochimie et des matières plastiques, alors que les spécialités chimiques (+5,1%), la chimie minérale (+6,1%) et le segment «savons, parfums et produits d’entretien» (+10,1%) ont bien tiré leur épingle du jeu grâce à un ajustement progressif des stocks à partir de l’été.

Moins sensible à la flambée des cours du pétrole, ce dernier segment a vu ses prix de vente faiblement croître en 2011 (+0,9%). Plus prononcée dans les spécialités chimiques (+4,4%) et la chimie organique (+14,2%), cette hausse a atteint 20,6% dans la chimie minérale suite à «un rattrapage marqué pour les produits inorganiques de base et les engrais» dans un contexte plus favorable pour la construction et les marchés agricoles. Au total, les prix de vente ont augmenté de 10,3%, deux fois plus qu’en 2010, ce qui a largement contribué à la progression de 13% du chiffre d’affaires de l’industrie à 86,7 milliards d’euros.

Malgré le dynamisme persistant de l’Asie et des signes positifs émanant des Etats-Unis, l’UIC anticipe une normalisation de la croissance en volume des différents segments de la chimie française en 2012, sachant que l’Union européenne représente près des deux tiers des échanges de la France dans ce secteur. Variant entre +1% pour les spécialités chimiques et +2,5% pour les «savons, parfums et produits d’entretien», la hausse de la production s’élèverait à 1,8% contre +1,5% dans l’Europe des Vingt-Sept. Ce ralentissement se traduirait par une chute de 10% en valeur des investissements à environ 3,2 milliards d’euros, conséquence d’un regain d’attentisme des industriels. Elle ferait suite à deux années de hausse importante qui ont vu ces investissements culminer à 4,1% du chiffre d’affaires l’an dernier.

Représentant un secteur fortement consommateur d’énergie, l’UIC souhaite un accès direct à certaines infrastructures gazières, appelant également les pouvoirs publics français à «rouvrir le débat sur les gaz de schiste afin de permettre une harmonisation des positions à l’échelle européenne».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...