Les investissements de Bolloré l’incitent à accroître sa flexibilité financière

La croissance interne dans ses activités de logistique et de stockage d’électricité pourrait se doubler d’acquisitions dans le web
Yves-Marc Le Reour

Le groupe Bolloré vient de réaliser coup sur coup, la semaine dernière, deux opérations qui renforcent nettement sa flexibilité financière. Il a tout d’abord levé mercredi 350 millions en lançant un emprunt obligataire inaugural à 5 ans assorti d’un coupon de 5,38%. Le jour suivant, il a encaissé 275 millions en cédant une partie de sa participation de 5,2% dans Vallourec. Cette opération, réalisée dans le cadre d’un contrat de ventes à termes optionnelles à échéance mai 2011, lui a permis de réaliser «une plus-value de 141 millions d’euros», a précisé le groupe dans un communiqué.

En dépit de bons résultats tirés par la croissance de ses activités principales de transport et de logistique, sa dette financière nette s’est accrue d’un tiers l’an dernier à 1,76 milliard d’euros, en raison d’une baisse de sa trésorerie combinée à une augmentation de sa dette à court terme (concours bancaires courants et prêt accordé par sa holding de tête, Financière de l’Odet). Son ratio d’endettement net sur capitaux propres n’a en revanche que peu varié : 43,6% fin 2010 contre 42,8% un an plus tôt.

Le groupe diversifié n’a pas pu être joint par L’Agefi pour commenter l’utilisation du produit de ces deux opérations. Les 625 millions d’euros récoltés offrent cependant un matelas de sécurité supplémentaire à ce groupe qui souhaite maintenir «une structure financière prudente» tout en poursuivant «des investissements importants dans le domaine du stockage d’électricité», comme il l’a confirmé au début du mois avec l’extension d’une usine de batteries au Canada et la construction d’une nouvelle usine en Bretagne. Il prévoit par ailleurs d’investir 150 millions d’euros au cours des trois prochaines années en Guinée dans le port de Conakry, dont il assure la gestion, pour augmenter la capacité d’accueil des conteneurs.

Pour Autolib, qui proposera aux habitants d’Ile-de-France à partir de la fin 2011 des voitures électriques en libre-service, Bolloré a également prévu un investissement minimum de 100 millions d’euros avec un seuil de rentabilité estimé à sept ans. Dans un entretien au Figaro paru vendredi, le directeur marketing de Bolloré Média, Bruno Breton, a enfin déclaré envisager des acquisitions de petite taille dans le Web et le e-commerce, en indiquant être prêt à racheter «une société dont le modèle économique est pertinent et que nous pourrions faire monter en puissance».

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