Les indicateurs sont au vert pour les émetteurs d’obligations convertibles
Ingenico début mars, Technip fin 2010… Les émetteurs d’obligations convertibles ont plutôt le vent en poupe. La semaine dernière, le spécialiste des solutions de paiement a renoué avec les niveaux d’émission de 2009 en plaçant une «Océane» avec une prime de 40%. En novembre dernier, le groupe parapétrolier s’était illustré en émettant 550 millions de ces titres à un coupon quasi nul (0,5%). Entretemps, d’autres émetteurs français – Orpéa, Pierre & Vacances, CGG Veritas – ont testé avec succès le marché.
«Depuis quelques mois, les investisseurs traditionnels en obligations convertibles manifestent un fort appétit car ils ont un sentiment plutôt optimiste sur les perspectives des entreprises, et qu’il y a relativement peu d’actifs sur le marché primaire et secondaire», explique Sidney Studnia, responsable de l’ingénierie financière sur les marchés de capitaux chez SG CIB, qui a dirigé l’opération Ingenico avec Lazard-Natixis et Goldman Sachs.
La liquidité, en effet, est là. Les fonds convertibles, acteurs historiques de ce compartiment aux côtés des hedge funds, ont dans l’ensemble enregistré une bonne année 2010. L’indice Exane Convertible Index pour l’Europe affiche une performance de 7,8% sur l’exercice écoulé. «Les fonds convertibles disposent d’une capacité d’investissement importante, parce qu’outre le cash qu’ils ont collecté, ils vont avoir cette année beaucoup de remboursements d’opérations qui viennent à échéance. Nous estimons les tombées à environ 6 milliards d’euros cette année en Europe», souligne Sidney Studnia.
L’offre de papier, en revanche, reste limitée. Depuis le début de l’année, Dealogic comptabilise seulement 8 émissions de convertibles (equity linked) en Europe pour un montant de 2,5 milliards d’euros. En données annualisées, et compte tenu de la trêve estivale, on est loin des volumes de 2010, où plus de 18 milliards avaient été levés à travers 60 opérations, et surtout de 2009, avec 90 opérations pour 33,5 milliards d’euros.
Les caractéristiques du millésime 2009 peuvent aussi expliquer le manque relatif d’offre sur le secondaire. A l’époque, beaucoup d’émissions se sont faites sur des cours boursiers très inférieurs à ceux d’aujourd’hui. «Un certain nombre des titres de la vague 2009 sont désormais dans la monnaie car le cours de l’action est supérieur au prix de conversion, explique un banquier d’une maison anglo-saxonne. L’investisseur a moins la capacité de jouer sur leur composante optionnelle».
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