Les groupes européens ont fait un effort de vérité sur leurs survaleurs
Alors que les perspectives économiques se dégradent partout dans le monde, les grands groupes pourraient être amenés à déprécier un peu plus la valeur de leurs survaleurs lors de la clôture des comptes 2012. Sur ce point, un premier effort de vérité a été opéré en 2011 par les entreprises composant l’indice européen Stoxx 600.
Selon l’étude annuelle de la banque d’affaires Houlihan Lokey, les 600 plus grandes capitalisations européennes ont inscrit dans leurs comptes 2011 un peu plus de 76 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs. Il s’agit du montant le plus élevé depuis plus de cinq ans. Le dernier record remonte à 2008, avec 71 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs.
Cet effort peut s’expliquer en partie par la résistance des résultats de ces entreprises. En 2011, les groupes du Stoxx 600 ont accumulé 835 milliards de bénéfices avant impôts, soit 7% de plus qu’en 2010. Par rapport au creux de 2009, leurs bénéfices cumulés ont bondi de 60% et ils sont inférieurs de seulement 9% par rapport au pic de 2007. Ce niveau de résultats rend donc plus supportable une dépréciation de survaleurs, celle-ci venant directement amputer le bénéfice. Le montant élevé des dépréciations de survaleurs tient aussi à la crise du secteur bancaire. 26 des 51 banques présentes dans le Stoxx 600 ont passé des dépréciations en 2011, pour un montant total de 34 milliards d’euros. Elles n’avaient été que de 2 milliards en 2010.
Mais selon les auteurs de l’étude, cet effort sur les survaleurs reflète aussi la prudence des dirigeants de ces grands groupes face à l’évolution de l’économie. S’attendant à une poursuite de la dégradation de l’activité, les entreprises déprécient plus activement leurs survaleurs. 2008, année également nourrie en matière de dépréciations, précédait le fort dérapage économique de 2009, avec une chute de 15% des bénéfices cumulés du Stoxx 600.
Quoi qu’il en soit, malgré cet effort, les groupes du Stoxx 600 n’ont pas totalement apuré leurs bilans. S’ils ont dépensé 1.600 milliards d’euros en acquisitions entre 2007 et 2011, ils n’ont passé que 219 milliards de dépréciations de survaleurs sur la même période. Enfin, selon Houlihan Lokey un quart de l’indice affiche encore une valeur comptable largement supérieure à sa capitalisation boursière.
Plus d'articles du même thème
-
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée. -
La Banque du Japon maintient son taux directeur avant une prochaine hausse
La banque centrale du Japon fait une pause dans sa politique de normalisation mais confirme son changement de cap avec un discours plus restrictif. Le retour de l'inflation à sa cible de 2% est à la fois une victoire et un risque auquel la banque reste très attentive.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Peut-on interdire la théorie du « grand remplacement » comme le réclame le maire de Trappes ?
Ali Rabeh a appelé vendredi à l’interdiction de la théorie raciste du « grand remplacement », qui aurait « armé » le tireur de l’attentat des Yvelines. Le constitutionnaliste Benjamin Morel s’inquiète d’une mesure « contre-productive » qui risquerait de contrevenir à la liberté d’expression. -
Mondes émergentsLe Brésil, notre partenaire stratégique
L’Europe dispose d’une opportunité qu’elle doit saisir. Les échanges entre l'Union et le Brésil ont atteint 100 milliards de dollars en 2025, presque à l'équilibre -
Tribune libreGrand âge contre jeunesse : le faux dilemme qui nous coûtera cher
Entre 2027 et 2032, la France comptera un million de personnes supplémentaires de plus de 75 ans ; plus de 800 000 Français entreront en Ehpad