Les groupes européens ont fait un effort de vérité sur leurs survaleurs

Selon l'étude annuelle d’Houlihan Lokey, les entreprises du Stoxx 600 ont passé 76 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs en 2011
Olivier Pinaud

Alors que les perspectives économiques se dégradent partout dans le monde, les grands groupes pourraient être amenés à déprécier un peu plus la valeur de leurs survaleurs lors de la clôture des comptes 2012. Sur ce point, un premier effort de vérité a été opéré en 2011 par les entreprises composant l’indice européen Stoxx 600.

Selon l’étude annuelle de la banque d’affaires Houlihan Lokey, les 600 plus grandes capitalisations européennes ont inscrit dans leurs comptes 2011 un peu plus de 76 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs. Il s’agit du montant le plus élevé depuis plus de cinq ans. Le dernier record remonte à 2008, avec 71 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs.

Cet effort peut s’expliquer en partie par la résistance des résultats de ces entreprises. En 2011, les groupes du Stoxx 600 ont accumulé 835 milliards de bénéfices avant impôts, soit 7% de plus qu’en 2010. Par rapport au creux de 2009, leurs bénéfices cumulés ont bondi de 60% et ils sont inférieurs de seulement 9% par rapport au pic de 2007. Ce niveau de résultats rend donc plus supportable une dépréciation de survaleurs, celle-ci venant directement amputer le bénéfice. Le montant élevé des dépréciations de survaleurs tient aussi à la crise du secteur bancaire. 26 des 51 banques présentes dans le Stoxx 600 ont passé des dépréciations en 2011, pour un montant total de 34 milliards d’euros. Elles n’avaient été que de 2 milliards en 2010.

Mais selon les auteurs de l’étude, cet effort sur les survaleurs reflète aussi la prudence des dirigeants de ces grands groupes face à l’évolution de l’économie. S’attendant à une poursuite de la dégradation de l’activité, les entreprises déprécient plus activement leurs survaleurs. 2008, année également nourrie en matière de dépréciations, précédait le fort dérapage économique de 2009, avec une chute de 15% des bénéfices cumulés du Stoxx 600.

Quoi qu’il en soit, malgré cet effort, les groupes du Stoxx 600 n’ont pas totalement apuré leurs bilans. S’ils ont dépensé 1.600 milliards d’euros en acquisitions entre 2007 et 2011, ils n’ont passé que 219 milliards de dépréciations de survaleurs sur la même période. Enfin, selon Houlihan Lokey un quart de l’indice affiche encore une valeur comptable largement supérieure à sa capitalisation boursière.

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