Les groupes européens ont eu du mal à améliorer leur BFR en 2011
En dépit du retour au premier plan de la crise financière, les grandes entreprises européennes non financières sont encore parvenues à améliorer légèrement leurs besoins en fonds de roulement (BFR) l’an dernier, montre la quatorzième édition de l’étude du cabinet REL, publiée en exclusivité par L’Agefi.
Mais si le BFR des 1.000 premiers groupes européens cotés en Bourse a diminué de 1,5% à 44,1 jours de chiffre d’affaires (contre 44,8 en 2010), l’étude note une stabilité de cet indicateur à 46,3 jours hors secteur pétrolier et gazier dont la performance est jugée très volatile.
Si les télécoms, les infrastructures de transport ou les utilities ont nettement amélioré leur performance concernant la gestion de leur BFR en 2011, les compagnies aériennes, l’hôtellerie-restauration et la distribution spécialisée font partie des secteurs ayant particulièrement souffert sur la période.
«Seulement 36% des sociétés du panel ont été en mesure de limiter la détérioration de leur BFR à moins de 5% pendant trois années consécutives», souligne l’étude. Une infime minorité (environ 1%) a pu éviter une dégradation de chacune des composantes du BFR (créances clients, stocks et dettes fournisseurs) au cours des cinq dernières années. Les 120 entreprises françaises de l’échantillon ont évolué à rebours de la tendance générale, avec un BFR atteignant 49 jours de chiffre d’affaires l’an dernier contre 46 jours en 2010.
La détérioration du ratio de rotation des stocks (voir tableau) n’a pas été compensée par la légère augmentation des délais de paiement aux fournisseurs, tandis que le ratio de créances clients a repris le chemin de la hausse pour la première fois depuis 2005. Au sein des dix plus grandes sociétés françaises par le chiffre d’affaires, on note une nette détérioration du BFR de Carrefour, PSA ou même Sanofi, rentré dans ce classement au détriment de Veolia.
En se référant aux meilleures pratiques de chacun des secteurs industriels, REL a calculé «un manque à gagner de 886 milliards d’euros pour l’ensemble des entreprises de l’échantillon, soit 12% de leur chiffre d’affaires cumulé». Une gestion optimale de la dette fournisseurs et des stocks comblerait respectivement 31,8% et 32,5% de ce montant, mais un recouvrement plus rapide des créances clients générerait à lui seul 35,7% de cette amélioration potentielle.
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