Les groupes aurifères subissent de plein fouet la chute du prix de l’or
Les groupes miniers accumulent les désillusions. Après l’euphorie sur les cours ayant entraîné nombre d’acteurs dans la folie des grandeurs (en termes de projets industriels et/ou de croissance externe), la volatilité actuelle appelle à d’importantes corrections.
L’or n’échappe pas à la règle, perdant un quart de sa valeur depuis un plus haut atteint en septembre 2011. Dernière victime en date, le plus important producteur australien du métal, Newcrest Mining. Vendredi, le groupe a fait part des conclusions de sa revue stratégique, soulignant qu’il faisait face à la plus importante glissade des prix de l’or depuis trente ans et à des coûts opérationnels en hausse.
Newcrest a en premier lieu annoncé des dépréciations d’actifs de 5 à 6 milliards de dollars australiens (jusqu’à 4,3 milliards d’euros) au 30 juin prochain, date de clôture de l’exercice. Un montant, issu d’actifs en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Côte d’Ivoire ou en Australie, qui représente jusqu’à deux tiers de la capitalisation boursière de 9,5 milliards et 25% de la valeur comptable des actifs fin 2012. Le budget d’investissements pour l’exercice à venir a été réduit de 1,5 à 1 milliard, et les coûts de structures seront réduits de 20%, passant par la fermeture des bureaux de Brisbane employant une centaine de salariés. Dans ce contexte, le groupe renonce au versement semestriel d’un dividende.
Autant de décisions «pénibles» mais nécessaires, selon le directeur général Greg Robinson, le président Don Mercer clamant que ces annonces permettent «d’assurer une optimisation du cash flow si les prix devaient rester à ces niveaux ou baisser encore tout en préservant toutes les options si les conditions devaient s’améliorer».
Un discours qui n’a pas convaincu. A 12,35 dollars en clôture vendredi, le titre Newcrest a abandonné 8% sur la séance, 15% sur la semaine et près des trois quarts de sa valeur depuis un plus haut en novembre 2010. La baisse précédant l’annonce officielle de la batterie de mesures, dans le sillage de la dégradation des recommandations de plusieurs analystes, fait d’ailleurs l’objet d’une enquête de routine de la part du gendarme australien des marchés.
L’unique argument concret déployé par le groupe pour garder espoir concerne la production. Le groupe a confirmé tant son objectif de 2 à 2,3 millions d’onces pour l’exercice à venir, en hausse de 4%, que celui d’une croissance annuelle à moyen terme de 5 à 10%.
Plus d'articles du même thème
-
Le Premier ministre britannique joue la prudence pour son premier budget
Quelques mesures de soutien aux ménages et de légères hausses d’impôts permettront de dégager une petite souplesse budgétaire mais les grandes décisions, portant sur la protection sociale ou le financement de la défense, sont repoussées à plus tard. -
La Fed laisse ses taux inchangés malgré une inflation toujours élevée
La banque centrale américaine a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant ses taux à 4%, à quelques semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts