Les génériques et la crise en Europe pèsent sur les groupes pharmaceutiques
Deux des principales menaces pour la profitabilité des laboratoires pharmaceutiques –la concurrence des génériques et la baisse des dépenses publiques– ont continué à peser sur les performances du secteur au deuxième trimestre. Le britannique GlaxoSmithKline (GSK) a fait état hier de résultats trimestriels inférieurs aux attentes et prévoit une stagnation de ses ventes en 2012. L’américain Bristol-Myers Squibb a publié de son côté un chiffre d’affaires et un résultat en baisse.
GSK, qui s'était fixé comme objectif de renouer avec la croissance de ses ventes cette année, a été rattrapé par la dégradation de la conjoncture en Europe et les coupes budgétaires drastiques réalisées dans les pays du Sud. Ses ventes sur le continent ont reculé de 8% au deuxième trimestre, dont 7% au titre des effets prix et 1% en raison de la baisse des volumes. A 6,46 milliards de livres (8,23 milliards d’euros), le chiffre d’affaires mondial du groupe s’est une nouvelle fois révélé inférieur aux attentes.
Chez Bristol-Myers Squibb, les économies réalisées et la montée en charge de nouveaux traitements n’ont pas compensé la chute des ventes de ses médicaments Plavix et Avapro, concurrencés par des génériques. Le bénéfice net au titre du deuxième trimestre est ressorti à 808 millions de dollars, contre 1,31 milliard de dollars un an auparavant. Le chiffre d’affaires a chuté de 18% à 4,44 milliards pour 4,45 milliards attendus par les analystes sous l’effet de l’arrivée à échéance du brevet du Plavix aux Etats-Unis en mai. Les ventes de l’anticoagulant Plavix, qui fut le deuxième médicament le plus vendu au monde, se sont effondrées de 60% sur le trimestre. Celles de l’Avapro ont chuté de 53%.
Par un hasard du calendrier, les autorités européennes de la concurrence ont accusé mercredi plusieurs laboratoires, parmi lesquels le danois Lundbeck et l’allemand Merck, d’avoir entravé la mise sur le marché de médicaments génériques. La Commission leur a envoyé une communication de griefs qui les accuse d’avoir conclu des accords visant «à empêcher l’entrée sur le marché de médicaments génériques moins onéreux» que le citalopram, un antidépresseur. Bruxelles précise qu’il pourrait prendre de nouvelles mesures au cours des prochains jours contre le laboratoire français Servier et plusieurs fabricants de génériques dans un autre dossier.
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