Les fonds activistes rôdent autour de Research in Motion
L’étau commence à se resserrer autour de Research in Motion, le fabricant du BlackBerry. Après la demande en juin 2011 du fonds Northwest & Ethical Investments de réformer le mode de gouvernance du groupe, puis les revendications du fonds canadien Jaguar Financial début septembre, RIM pourrait voir un nouvel actionnaire activiste monter à son capital: l’homme d’affaires américain Carl Icahn. La rumeur n’a été commentée ni par Carl Icahn ni par la direction de l’entreprise.
Le cours de Bourse de RIM a chuté de plus de 60% depuis le début de l’année. Sa capitalisation est tombée à 12 milliards de dollars et le groupe est un peu plus distancé trimestres après trimestres par Apple et les smartphones fonctionnant sous le système Android de Google. A ce niveau, le groupe capitalise à peine 5 fois la prévision de bénéfices annuels pour 2012.
Habitué depuis plus de trente ans à investir dans des sociétés fragilisées en vue de les contraindre à se réorganiser, Carl Icahn trouverait chez RIM une situation relativement identique à celle qui l’avait incité à prendre pied au capital de Motorola en 2007. A l’époque, le groupe américain était pénalisé par la perte de vitesse de sa division de téléphonie mobile. Son activisme répété avait poussé la direction de Motorola à accepter une scission en début d’année 2011 avant que Google ne débourse 12,5 milliards de dollars cet été pour s’emparer de la division téléphonie mobile et de ses 17.000 applications brevetées.
En entrant chez RIM, Carl Icahn pourrait revendiquer une scission du groupe canadien, avec d’un côté la division de fabrication des smartphones et de l’autre une entité regroupant les brevets en sa possession afin d’intéresser d’éventuels acquéreurs. En plus de Google, Apple, Microsoft, Ericsson et même RIM ont récemment renforcé leur portefeuille de brevets dans la téléphonie mobile via des acquisitions. Interdigital, qui détient 8.800 brevets, a également confié en juillet à Evercore Partners et Barclays Capital le soin de trouver d’éventuels acquéreurs.
Mais selon le courtier Jefferies, malgré la frénésie acheteuse actuelle dans les brevets, RIM pourrait avoir du mal à valoriser les siens, d’autant qu’il devrait en conserver une grande partie pour assurer le fonctionnement de son activité. L’analyste estime à 1 milliard de dollars la valeur du portefeuille dont le groupe pourrait se séparer.
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